25/05/2017

En novembre 2016, le sénateur de la Haute-Loire Olivier Cigolotti (UDI-UC) a déposé, avec son collègue Pierre Medevielle (Haute-Garonne), une proposition de loi « tendant à favoriser l’accès aux soins oculaires sur l’ensemble du territoire par la réorganisation de la filière de formations en santé visuelle ». Cette PPL prévoit de réformer les études d’optique, de créer un statut de cadre en santé visuelle, mais aussi d’interdire les réseaux fermés dans notre secteur. L’élu revient pour L’OL [MAG] sur les enjeux de ce texte, qui devrait être prochainement être inscrit à l’ordre du jour du Sénat. Extraits de son interview, à découvrir en intégralité dans notre prochain numéro.

 

Pour quelles raisons vous êtes-vous intéressé au sujet de l’accès à la santé visuelle ?

Entre 2014 et 2016, le délai moyen d’attente pour obtenir un rendez-vous chez l’ophtalmologiste est passé de 77 à 85 jours. Cette situation ne peut pas rester en l’état : il faut des solutions pour réorganiser la filière de santé visuelle.

 

Quelles ont été les réactions des organisations professionnelles à votre PPL ?

De manière générale, nous n’avons pas eu de réactions défavorables. Je pense que les opticiens ont conscience de la nécessité de faire évoluer la filière.   

 

Quels types de missions seraient susceptibles d’effectuer les titulaires du master de « cadre en santé visuelle » ?

Cela sera précisé au moment de l’analyse du texte. Ce sera aux représentants des différentes professions de définir, entre eux, le contenu des décrets d’actes.

 

Cette PPL arrive alors que l’évolution réglementaire de la profession d’opticien semblait enfin arriver à son terme avec la loi santé et le décret du 12 octobre 2016 qui lui donne de nouvelles prérogatives. N’est-ce pas un peu tard ?

Non. Ce décret est une bonne chose, mais il faut aller plus loin et il est impératif de mettre en place des solutions efficaces pour que les « 3O » – ophtalmologistes, opticiens et orthoptistes – puissent travailler avec davantage de cohérence au bénéfice du patient.

 

Le cadre en santé visuelle que veut instituer votre PPL est un « orthoptiste-cadre en santé visuelle ». Pourquoi ne pas vouloir créer en parallèle le statut d’« opticien-cadre en santé visuelle » ?

L’intitulé de du master n’est que temporaire, c’est une proposition que nous faisons pour bien expliquer la mutualisation des compétences au sein d’un même master de manière à ce qu’il n’y ait pas d’ambiguïté entre les deux spécialités. Les opticiens qui choisiront de suivre le master deviendront  avant tout « cadres en santé visuelle » et orthoptistes s’ils souhaitent s’orienter vers ce métier. L’idée maîtresse est de passer du BTS d’optique à une licence et de favoriser la mise en place de passerelles au sein d’une filière commune.

 

Pourquoi avoir intégrer au sein du même texte des dispositions purement professionnelles et d’autres sur les réseaux de soins, davantage d’ordre économique ?

Nous avons décidé d’être très généralistes et de traiter dans cette PPL de l’ensemble des problématiques qui freinent l’accès aux soins dans la filière de santé visuelle.

 

Quand le texte devrait-il être inscrit à l’ordre du jour du Sénat ?

Une première date avait été fixée le 22 février 2017, mais l’examen du texte sera retardé, car, selon des informations qui m’ont été transmises, certains candidats à l’élection présidentielle s’y intéressent de très près, ce qui engendre un report. Cette PPL a été un élément déclencheur pour beaucoup.

 

Les précédentes PPL, notamment celle du sénateur Ronan Kerdraon visant à créer la profession d’orthoptiste-optométriste et celle du député Elie Aboud voulant réglementer l’optométrie, ne sont pas allées plus loin que leur dépôt. La vôtre a-t-elle davantage de chances d’aboutir ?

Ma collaboratrice Anne Beinier a fait un important travail sur le sujet depuis bientôt 4 ans (rédactrice de la PPL Kerdraon). Les nombreux échanges qu’elle a pu avoir avec l’ensemble des acteurs de la filière visuelle, sont pour nous essentiels et très positifs. Les chances de succès sont larges, car le nombre de cosignataires de la proposition, une quarantaine à ce jour, est important. Le fait que des candidats se penchent sur notre PPL est la preuve de l’intérêt qu’elle suscite.