24/10/2017

Alors qu’Emmanuel Macron promet de rembourser intégralement les équipements optiques, les audioprothèses et les soins dentaires à l’horizon 2022, le président de la FNMF Thierry Beaudet (en photo) juge cette proposition réalisable si l’effort est partagé entre tous les acteurs des filières concernées.

 

Pour réduire le reste à charge sur l’optique, l’audio et le dentaire sans augmenter le prix des mutuelles, le candidat d’En Marche ! mise sur « une clarification de la relation entre la Sécurité sociale, les complémentaires santé et les professionnels », a-t-il déclaré mercredi 3 mai lors du débat l’opposant à Marine Le Pen. Rappelant sa volonté d’améliorer la concurrence entre les Ocam en les contraignant à proposer des contrats-types garantissant la transparence et facilitant la comparaison des garanties sur ces trois postes de soins, Emmanuel Macron souhaite mettre tous les acteurs autour de la table et se donne, s’il est élu, jusqu’à la fin de son quinquennat pour atteindre 100 % de prise en charge.

 

« Les complémentaires santé ne gagnent pas vraiment d’argent »

Le coût de cette mesure est estimé à 4,4 milliards d’euros, soit le montant restant à la charge des Français lors de leurs achats de lunettes, de prothèses auditives et dentaires. Cette somme serait ainsi supportée par les Ocam qui, selon Olivier Véran, référant santé d’En Marche ! cité par France Info, « ont sans doute une marge de manœuvre sur les frais de gestion et sur certaines prestations hôtelières ». La Mutualité française ne partage pas cependant son point de vue. Toujours sur France Info, son président Thierry Beaudet assure en effet que cette « marge de manœuvre » est minime, les assurances et les mutuelles arrivant « tout juste à l’équilibre » selon le dernier rapport de la Drees : « En clair, les complémentaires santé ne gagnent pas vraiment d’argent », déclare Thierry Beaudet. Dans ce contexte, il estime irréaliste de demander aux seuls Ocam de supporter l’effort sans augmenter les cotisations. A ses yeux, la prise en charge intégrale promise par Emmanuel Macron est envisageable à condition que, à côté des organismes complémentaires, les fabricants, les professionnels de santé et l’Assurance maladie y mettent aussi de la bonne volonté.

 

-15 % sur les prix, +13 % pour les remboursements

 La Mutualité française suggère de faire baisser le prix des équipements (en optique, en audio et en dentaire) de 15 %, ce qui permettrait une économie de 2,7 milliards d’euros sur le montant total des dépenses sur ces postes de soins. Elle propose en parallèle une augmentation de 13 % de la prise en charge par la Sécurité sociale et des remboursements des régimes complémentaires : les ménages se verront ainsi reverser 1,7 milliard d’euros supplémentaires. « Il ne s’agit là que d’un ordre de grandeur. Mais cela permettrait de rendre cette mesure la plus indolore possible pour les patients, en activant tous les leviers », commente Thierry Beaudet. En cas d’élection d’Emmanuel Macron, il souhaite une concertation entre tous les acteurs pour définir les postes concernés par l’objectif de suppression du reste à charge. Dans le cas de l’optique, « il s’agirait d’établir si le remboursement à 100% concerne uniquement les verres, ou aussi les montures peu chères, les montures de marque, etc », explique France Info.