25/05/2017

A 39 ans, l’ancien ministre de l’Economie a été élu le 7 mai avec 66,10 % des voix. Retour sur ses propositions phares pour notre secteur.

 

Emmanuel Macron a promis lors de sa campagne de rembourser à 100 % les lunettes (mais aussi des audioprothèses et des soins dentaires) d’ici la fin de son quinquennat, soit en 2022. Pour atteindre cet objectif, il mise essentiellement sur une amélioration de la prise en charge par les Ocam sans augmentation des cotisations. Le nouveau président souhaite les contraindre à proposer, à côté de leurs autres contrats, trois contrats-types garantissant la transparence et facilitant les comparaisons des garanties en optique, audio et dentaire, ce qui devrait les pousser à améliorer leurs remboursements sur ces postes de soins. En parallèle, Emmanuel Macron espère aussi faire baisser les prix des équipements en améliorant la transparence sur leur coût réel. Pour mettre tout le monde d’accord (le nouveau chef d’Etat assure ne pas vouloir réformer contre les professionnels de santé), il veut mettre toutes les parties prenantes autour de la table. La Mutualité française, qui s’est déjà exprimée sur ce projet, refuse que les complémentaires santé portent seules l’effort : elle suggère de baisser de 15 % les prix des lunettes et des audioprothèses, en parallèle d’une revalorisation de 13 % des remboursements RO et RC.

 

Concernant les réseaux de soins, l’ex-ministre de l’Economie a annoncé qu’il ne reviendra pas sur les réseaux ouverts mais entend interdire les réseaux fermés et préserver le libre choix des patients.

 

De manière générale, le nouveau président entend mettre en place une politique volontariste de prévention, en valorisant ce type d’actes pour les professionnels. Le cas échéant, on pourrait ainsi envisager une rémunération des opticiens pour des opérations de dépistage. Cela irait d’ailleurs dans le sens du nouveau devis normalisé (issu de la loi Macron) qui entrera en vigueur le 1er janvier 2018 et valorise en la détaillant la prestation de l’opticien.

 

Enfin, pour résoudre la problématique des déserts médicaux, Emmanuel Macron veut développer les pratiques avancées et adapter les formations de santé aux nouveaux défis. Cela pourrait se traduire, dans notre filière, par une masteurisation de la profession et de nouvelles délégations de tâches des ophtalmologistes vers les opticiens et les orthoptistes.

 

La profession reste désormais dans l’attente de la nomination du Premier ministre puis de celle du ministre de la Santé. Notons par ailleurs que les promesses, qui doivent désormais être traduites en textes législatifs, ne pourront être mises en oeuvre que si Emmanuel Macron dispose d’une majorité à l’Assemblée, ce qui dépendra bien évidemment de l’issue des élections législatives.