24/10/2017

Pour la Fédération nationale des opticiens de France, le report de la mise en œuvre du devis normalisé (prévue au 1er janvier 2018) demandé par le Rof, le Snor et l’UDO « est motivé par des intérêts catégoriels ». Elle estime au contraire que ce devis est une « chance pour la profession ».

 

Alors que le Rof, le Snor et l’UDO estiment qu’en l’état, le devis prévu par l’arrêté du 28 avril risque d’augmenter le reste à charge des Français en optique et d’accentuer l’asymétrie d’informations entre les opticiens et les porteurs, la Fnof assure qu’il n’en est rien. « Il n’y a pas de devis normalisé : il y a un modèle et le devis devra reprendre a minima les mêmes éléments », explique son président Alain Gerbel. Selon lui, il n’y a pas non plus de « définition de la prestation » qui aurait eu pour effet de niveler la profession en obligeant tous les opticiens à travailler de la même manière et en ouvrant la porte à des « prestations différenciées » susceptibles de n’être prises en charge que dans le cadre des réseaux de soins. « D’un côté, nous avons des syndicats qui gèrent des problématiques d’argent, de l’autre un syndicat de professionnels de santé qui gère des problèmes d’accès aux soins », affirme-t-il.

 

Contrairement à ce qu’avancent le Rof, le Snor et l’UDO, la Fnof affirme que les complémentaires santé seront « obligées » de rembourser la prestation : selon Alain Gerbel, la prestation est incluse dans les codes LPP et l’article D911-1 du code de la Sécurité sociale dispose que les contrats responsables doivent « couvrir les frais d’acquisition engagés » lors de l’achat de lunettes, lesquels intègrent la prestation de l’opticien, « évaluée par les Ocam entre 140 et 180 € par équipement ». Ainsi, « l’opticien qui bradera sa prestation devra baisser ses prix », explique le président de la Fnof. Allant plus loin, il déclare qu’un non-remboursement de la prestation serait « un formidable espace de liberté » et ne découragerait pas les porteurs : « les patients n’ont pas arrêté de consulter des médecins de secteur 2 », cite-t-il en exemple. Alors que le président Macron et son gouvernement semblent décidés à s’attaquer aux marges, Alain Gerbel assure qu’il « faut changer ce mode de rémunération : la marge doit être une partie de la rémunération, mais pas la totalité ».