19/11/2017

Alors que la plateforme a décidé de modifier la convention relative à son réseau audio, le Syndicat national des audioprothésistes indique ne pas avoir voulu participer aux discussions et se montre critique quant aux évolutions annoncées.

 

Suite à l’annonce de Carte Blanche, notre rédaction a souhaité interroger les différentes organisations professionnelles pour recueillir leurs avis. Le Synea (Syndicat national des entreprises de l’audition) et le Synam (Syndicat national des centres Audition Mutualiste) n’ont pas encore répondu à cette demande. Nous sommes en revanche parvenus à joindre Luis Godinho, président de l’Unsaf, qui nous a livré la réaction suivante :

 

« Quand Carte Blanche explique avoir eu des discussions avec la profession, il va falloir redéfinir ce qu’est LA profession. Il y a vraisemblablement eu des échanges avec une partie, mais pas avec LA profession. Je tiens à préciser que ni l’Unsaf, ni le Collège national d’audioprothèse n’ont été parties prenantes de ces discussions. La lecture attentive du rapport de l’Igas montre qu’il existe de grandes réserves sur les réseaux de soins et nous appelions à revoir le modèle de ces dispositifs bien avant d’avoir eu cette confirmation. Déjà, il y a plus d’un an, nous réclamions leur évaluation par les pouvoirs publics, comme le prévoit la loi Le Roux, et avons depuis cette date cessé toute négociation avec les plateformes, plus encore depuis que le gouvernement a promis d’annuler le reste à charge en optique, audio et dentaire. En effet, cette promesse montre que les réseaux ne permettent pas d’améliorer l’accès à ces soins. Selon l’Igas, ils sont même susceptibles d’accroître les difficultés existantes !

 

Pour toutes ces raisons, l’Unsaf a décliné depuis le mois de mai les invitations de Carte Blanche. Nous étions déjà extrêmement réservés sur le cahier des charges du dernier appel à conventionnement, en mars, et le sommes toujours aujourd’hui, notamment sur le fait que la plateforme veuille participer à la rédaction d’une charte de bonnes pratiques. Je suis absolument opposé à ce que ce genre de charte soit rédigé par des intermédiaires ou des financeurs privés. N’importe quel syndicat de professionnels de santé médicaux ou paramédicaux serait estomaqué dans le même cas ! C’est à la profession d’élaborer une charte de bonnes pratiques, et nous avons déjà commencé avec la liste des 10 engagements que nous avons pris en 2016.

 

Aujourd’hui, ce qui nous intéresse, c’est la concertation avec les pouvoirs publics qui va bientôt débuter selon les déclarations d’Agnès Buzyn. Je m’interroge d’ailleurs sur la pertinence d’un nouvel appel à conventionnement de Carte Blanche juste avant l’ouverture des négociations. Je suis quant à moi optimiste par rapport au principe souhaité par la ministre de ne pas rembourser à 100 % toutes les aides auditives. Cela est en phase avec la proposition, que nous faisons depuis 3 ans, de mettre en place une offre d’accessibilité sur des produits moyenne gamme, avec au moins 8 canaux numériques, qui serait proposée à tout le monde avec un reste à charge maîtrisé. Nous estimons en effet qu’il faut maintenir une part de liberté tarifaire dans le haut de gamme pour laisser toute sa place à l’innovation et permettre à ceux qui le veulent et qui le peuvent d’y accéder. J’ai eu la chance de côtoyer Agnès Buzyn pendant un an au Haut Conseil pour l’avenir de l’Assurance Maladie (HCAAM), alors qu’elle était présidente de la Haute Autorité de santé (HAS). Elle possède une vraie qualité d’écoute et je suis ravi de participer à cette future négociation du secteur de l’audioprothèse, inédite depuis 30 ans, en concertation avec elle. »