J/July/2018

Le 21 novembre, lors d’une rencontre avec l’Ajis (Association des journalistes de l’information sociale), la ministre de la Santé a expliqué que le reste à charge zéro sur les lunettes et les audioprothèses ne devrait pas être inscrit dans le PLFSS 2019. Pourtant, il y a un mois, elle espérait « aboutir d’ici un an ».

 

A l’occasion de cette conférence, relatée par le magazine Viva, Agnès Buzyn a confirmé son intention d’aboutir à un panier de soins standard qui fera l’objet d’une prise en charge intégrale et ne pas vouloir intégrer tous les types de produits au projet. « On n’est pas là pour offrir des montures Chanel à tout le monde ou des verres antireflet qui filtrent la lumière bleue  », a-t-elle commenté, suscitant au passage des réactions négatives de la gauche : « Ce gouvernement pense caviar et maintenant Chanel quand l’enjeu est la justice sociale et l’égalité dans l’accès aux soins », a par exemple tweeté Clémentine Autain, élue insoumise.

 

La ministre de la Santé a annoncé que les négociations avec les professionnels de l’optique et de l’audioprothèse avaient commencé. Son objectif est déjà d’aboutir, courant 2018, « à un cadrage de ce qui est nécessaire aux Français », relate Viva. Le reste à charge zéro dans ces 2 deux secteurs ne sera donc pas pour tout de suite. Compte tenu du délai, il risque de ne pas être inscrit au PLFSS 2019, qui sera présenté à l’automne 2018 : « On y travaille ardemment mais les filières sont complexes », constate Agnès Buzyn, qui souligne cependant que la promesse d’Emmanuel Macron doit se concrétiser avant fin du quinquennat. Concernant son financement, rien n’est arrêté, la priorité étant « de définir le panier de soins nécessaires » avant de « voir ensuite qui le paye. Je n’ai pas une enveloppe financière prédéfinie dans laquelle j’essaie de faire entrer les soins au chausse-pied ».

 

Pour améliorer la prise en charge de l’optique et de l’audition par les Ocam, Emmanuel Macron avait suggéré, lors de la campagne pour l’élection présidentielle, la mise en place de trois contrats types pour les complémentaires santé. Cela permettrait de mieux comparer les garanties et mettre en concurrence les organismes pour les inciter à améliorer leurs remboursements. Selon les déclarations de la ministre, ce projet n’aurait pas encore avancé : « C’est un sujet compliqué et qui n’est pas exempt de pièges. Nous avons beaucoup de dossiers sur lesquels nous devons travailler avec les complémentaires santé et que nous n’avons pas encore abordés. Nous n’avons pas encore de feuille de route », a-t-elle reconnu.