27/05/2018

Dans son édition du 16 janvier, Le Monde consacre une double page à notre secteur et aux impacts potentiels de la mise en place du reste à charge zéro promis par Emmanuel Macron. Thierry Beaudet, président de la Mutualité française, revient dans cet article sur ses propositions.

 

« Si l’on veut baisser les prix de l’optique, il faut d’abord réorganiser son système de distribution et former moins d’opticiens », insiste Thierry Beaudet qui, en décembre, s’était déjà prononcé pour une formation initiale en 3 ans et un renforcement des compétences en optométrie. La Mutualité propose également, dans le cadre des contrats responsables, de réduire à 100 euros le plafond de prise en charge des montures, et même d’aller « beaucoup plus loin sur les verres », notamment de stock : « des verres simples achetés 2 à 3 euros pièce par les opticiens et revendus au prix moyen de 116 euros, selon GfK », écrit Le Monde. Les verres progressifs « de toute dernière génération, dont le service rendu additionnel n’est pas toujours perçu par les porteurs », pourraient être aussi concernés. Il s’agirait enfin de « pousser les verres intermédiaires pour les non-myopes ».

 

Vers une régulation du marché par les Ocam ?

Alors que les Ocam devront tous proposer des équipements de qualité intégralement remboursé, comme le souhaite le gouvernement, André Balbi, président du Rof (Rassemblement des opticiens de France), estime de son côté qu’il « ne peut y avoir de zéro reste à charge sans lisibilité des contrats ». Le programme d’Emmanuel Macron prévoyait l’obligation, pour les complémentaires santé, de proposer des contrats types facilitant leur comparaison et leur mise en concurrence. « Ce point est en discussion avec les Ocam qui, souhaitant conserver une marge de différenciation commerciale, s’y opposent », souligne Le Monde, en indiquant que les organismes complémentaires « vont être chargés de mettre en œuvre la réforme, selon les orientations du gouvernement ». Selon le quotidien, il en découlera une régulation du marché par les complémentaires, « en particulier par le biais de leurs réseaux de soins ».

 

Des fermetures de magasin, sauf si…

Pour Le Monde, la réforme « ne se fera pas sans douleur » : le journal évoque des fermetures de magasins et du chômage, sauf si les opticiens « obtiennent enfin la prise en charge du bilan visuel au-delà de l’extension de validité des ordonnances, obtenue en 2016 », ce qui permettrait de désengorger les cabinets d’ophtalmologie. Le quotidien rappelle que les prescripteurs s’opposent à cette évolution au nom de la séparation entre prescription et vente, « tout comme le ministère de la santé, en raison de la tendance des opticiens à pousser à la dépense. Mais cette inflexion pourrait constituer un geste politique fort à l’égard d’une profession en état de siège », conclut l’article.