27/05/2018

Le Rassemblement des opticiens de France (Rof), avec le soutien de l’Union des opticiens (UDO) et du Syndicat national des opticiens réunis (Snor), a assigné ce 2 février, en référé d’heure à heure, l’UFC-Que choisir, la société commerciale SAS Que Choisir qui le commercialise ainsi que l’éditeur de son site, afin que le comparateur de devis d’optique mis en ligne le 18 janvier 2018 soit retiré de Quechoisir.org.

 

Dans un communiqué, le Rof explique « ne pas reprocher à l’UFC-Que choisir d’avoir mis en place un comparateur de prix » et « partager le souhait d’améliorer la transparence et la lisibilité de l’information transmise au consommateur sur les produits et prestations nécessaires à la délivrance d’un équipement correcteur ». Le Rassemblement estime cependant qu’une telle association doit « agir dans le cadre d’un périmètre garantissant un niveau d’exigence et d’éthique suffisant » et considère « les commentaires peu amènes et les critiques de l’UFC-Que Choisir dans le cadre de la publication de ce comparateur comme des actes de dénigrement, très mal vécus par l’ensemble des opticiens ». Pour le syndicat, le retrait de cet outil est nécessaire compte tenu des questions qu’il pose, notamment au regard de la réglementation sur les données personnelles de santé. Sa base a été élaborée « en achetant 215 000 demandes de prise en charge comportant des données de correction visuelle, donc des données de santé, transmises par des organismes complémentaires d’assurance maladie. Tout porte à croire que cette collecte n’a pas été réalisée avec le consentement éclairé des assurés et n’est pas, de façon plus générale, conforme à la réglementation », relève le Rof.

 

L’UFC-Que Choisir responsables de pratiques commerciales trompeuses ? 

Selon le syndicat, le comparateur se fonde sur des données partielles et incohérentes. « On ne sait déjà pas sur quels tarifs se comparateur se base. Prix de marché ou prix proposés par les réseaux de soins ? L’écart est comme tous le savent très significatif. Ensuite, les critères utilisés sont insuffisants et incomplets et ne permettent pas de comparer en toute objectivité les différentes catégories de verres. A titre d’exemple, le choix d’un verre blanc ou d’un verre photochromique dans le comparateur aboutit à un prix identique, alors qu’il s’agit de produits très différents. Le prix des verres est également décorrélé du couple oculaire qui veut que le verre ayant la plus forte correction donne la correction globale de la monture. Le Rof a mis en exergue 7 exemples d’incohérences majeures du comparateur. Le travail de l’opticien ne peut être réduit à 2 ou 3 critères alors qu’il consacre 2h15 en moyenne à chaque porteur pour assurer sa parfaite vision », détaille le communiqué. Et, alors que l’UFC dénonce des « faramineux écarts de prix », le syndicat juge que l’association « concourt à dénigrer la profession dans son ensemble. Bien que les résultats soient incohérents, le consommateur ne manquera pas, incité par l’UFC-Que Choisir, d’incriminer l’opticien sur les écarts de prix qui ne manqueront pas d’apparaître entre un équipement proposé dans un devis en magasin et les résultats du comparateur. »

 

Le comparateur étant un produit destiné à être commercialisé, le Rof considère que l’UFC Que Choisir et la société commerciale SAS Que Choisir se rendent responsables de pratiques commerciales trompeuses en désinformant le consommateur. « Conscient que la publication de ce comparateur intervient alors que s’engage la concertation gouvernementale sur le reste à charge zéro, le Rof, en agissant de manière ferme pour demander, en urgence, le retrait du comparateur en justice, entend promouvoir un débat qui serve réellement et en toute objectivité la transparence et à améliorer l’accès aux soins visuels des Français. Ni cette concertation, ni ce débat ne doivent être biaisés », conclut le communiqué.