19 / 09 / 2018

Alors que la CNAMTS souhaite réduire les cotations d’actes ophtalmologiques comme l’OCT (tomographie par cohérence optique) ou l’opération de la cataracte, le Snof (Syndicat national des ophtalmologistes de France) tire la sonnette d’alarme sur les conséquences d’une telle décision.

 

« Au moment où les ophtalmologistes mettent en place une stratégie efficace pour préserver un parcours de soins sécurisé pour les patients et diminuer les délais de rendez-vous, la CNAMTS entreprend de réduire les cotations d’actes d’ophtalmologie essentiels dans le dépistage et le suivi de maladies potentiellement graves. La raison : réduire les dépenses de santé. Il s’agit tout bonnement d’une mesure dangereuse de la part des pouvoirs publics. La vue des Français n’est pas la variable d’ajustement pour combler le trou de la sécu ! », s’insurge le Dr Thierry Bour, président du Snof.

 

Réduire ces cotations aurait « des effets désastreux sur la prise en charge de la santé des Français », selon le syndicat. Il estime que ces mesures, voulues par l’Assurance maladie, reviendraient d’abord à favoriser une médecine à deux vitesses. « Le secteur 1, déjà en lutte pour son maintien, serait le premier à être impacté, avec à la clé un risque de disparition de la chirurgie de la cataracte en secteur sans dépassement d’honoraires ! Les patients seront alors contraints de se rabattre vers des praticiens exerçant en secteur 2, et subiront un reste à charge (RAC), objet d’une réforme en cours de discussion par les pouvoirs publics. Une incohérence, lorsque l’on sait que le gouvernement souhaite, officiellement, un meilleur accès aux soins et la diminution de ce reste à charge. »

 

Parmi les risques majeurs, le Snof met notamment en avant la baisse des investissements dans le matériel nécessaire. « Rappelons qu’un appareil d’OCT de qualité revient à l’achat à 100 000 €, sans compter les frais de maintenance qui s’élèvent à environ 15% par an. Cet appareil est devenu indispensable en matière de diagnostic et de suivi des patients, par exemple pour la DMLA, la rétinopathie diabétique et le glaucome où il a amplement prouvé son efficacité. Nous devons continuer à pouvoir disposer de ce matériel à la pointe de la technologie, au service de la santé visuelle des Français », explique le Docteur Bour. « L’Assurance maladie est dans une logique comptable, or la santé des Français ne se résume pas à des chiffres ! Nous devons bâtir un système de soins dans lequel tout le monde est gagnant : patients, médecins, assurance maladie. Ces mesures de réduction tarifaires unilatérales n’ont pas de sens. Il nous faut des actions pertinentes pour continuer à restructurer l’offre de soins et améliorer la prise en charge des patients », conclut-il.