16 / 11 / 2018

Refusant les dernières propositions faites par la DSS (Direction de la Sécurité sociale) pour la mise en place d’une offre sans reste à charge en optique, le Rassemblement des opticiens de France (ROF) et le Syndicat national de l’optique mutualiste (Synom) ont quitté ce qu’ils appellent une « fausse concertation ». La Fédération nationale des opticiens de France a elle aussi décidé de suivre le même chemin.

 

Constatant que leurs propositions formulées à plusieurs reprises depuis des semaines ne sont pas prises en compte, le ROF et le Synom annoncent dans un communiqué avoir « pris l’initiative de quitter la concertation sur le RAC 0 face à un projet détériorant la qualité de la santé visuelle des Français ». Les deux syndicats dénoncent « le projet technocratique piloté par la DSS, en contradiction avec les engagements politiques du président de la République et de la ministre des Solidarités et de la Santé. Aucune disposition n’est en effet prévue pour améliorer la prévention et l’accès aux soins visuels ». Le projet présenté « consiste essentiellement à interdire aux Français de changer leurs lunettes avant 3 ans et à baisser fortement les niveaux de couvertures des contrats responsables. Aucune disposition n’est prévue pour améliorer la prévention, l’accès aux soins ou les compétences des opticiens ». Et ce, alors même que « cette promesse du RAC 0 aurait pu donner lieu à une co-construction volontariste, ambitieuse et équilibrée, avec de vrais bénéfices pour les porteurs d’équipements correcteurs », expliquent les organisations professionnelles.

 

Favorables à la mise en place d’une offre optique sans reste à charge, celles-ci ont remis à la DSS plusieurs contributions dès janvier 2018 qui « permettaient une mise en œuvre rapide d’un RAC 0 de qualité, pour tous les Français, avec des efforts équilibrés de tous les acteurs, tout en améliorant l’accès aux soins visuels ». Aucune d’elles n’a été prise en compte : « Les seules corrections faites par la DSS portent sur la correction d’erreurs manifestes dans leur texte initial. Par exemple l’interdiction de renouveler un équipement pour un enfant de moins de 6 ans quand sa correction évolue », regrettent le Rof et le Synom. Ils estiment que la « proposition de la DSS ne répond qu’à des objectifs financiers, afin de réaliser des économies sur la santé visuelle des français. Le passage de 1 an à 3 ans de la fréquence de remboursement l’illustre parfaitement, quand la moitié des Français sont obligés de changer leurs lunettes avant 3 ans, en raison par exemple de l’usure naturelle des composants de l’équipement ». Dans ce contexte, le Rof et le Synom appellent tous les acteurs de la filière visuelle à porter ensemble la mise en place un panier RAC 0 de qualité pour tous les Français, pour toutes les corrections, et dans tous les magasins.

 

De leur côté, les OLU (Opticiens Lunetiers Unis) annoncent que la Fnof a également quitté, en dernier, la table des négociations, « après avoir tout essayé ». Le syndicat devrait être reçu cet après-midi par des sénateurs.