20/04/2018

Interrogée ce matin par Jean-Jacques Bourdin sur BFM TV / RMC, la ministre de la Santé Agnès Buzyn a, entre autres, fait le point sur la mise en place du reste à charge zéro qui « modifiera les équilibres économiques » du secteur.

 

Alors que les négociations sont sur le point de s’achever avec les chirurgiens-dentistes pour la mise en place du reste à charge zéro dans leur secteur, la ministre a reconnu que la négociation de cette réforme était « plus compliquée » avec les opticiens. « La filière optique s’est organisée avec énormément d’opticiens sur le territoire et cette profession réalise que cela risque de changer les équilibres économiques à terme. Les annonces ne peuvent pas être brutales parce que les équilibres économiques vont être modifiés. Il faut le temps qu’une filière se réorganise. C’est pour cela que les annonces vont se faire sur deux ou trois ans », a-t-elle déclaré.

 

Agnès Buzyn a confirmé que les opticiens comme les audioprothésistes pourront continuer à vendre les produits à tarifs libres. Les Français pourront choisir « un panier de soins remboursé à la fois par l’Assurance maladie et les complémentaires santé, sans avance (…). Ceux qui voudront un autre modèle ou des choses plus sophistiquées auront la possibilité de le faire. Les opticiens pourront proposer une offre très large. » La ministre a par ailleurs souligné que la prise en charge du renouvellement des lunettes ne sera possible que tous les 3 ans si ce changement est motivé seulement par des raisons esthétiques.

 

Pour éviter que les Ocam ne soient contraints d’augmenter leurs tarifs suite à la mise en place du reste à charge zéro en optique, audioprothèse et dentaire, Agnès Buzyn a assuré que « l’Assurance maladie va mettre de l’argent pour rembourser ces soins indispensables ». Elle a reconnu à demi-mot que le coût des complémentaires santé augmentait chaque année, en précisant que « les Français peuvent aussi choisir une mutuelle qui rembourse le nécessaire, l’indispensable et pas nécessairement des pratiques dont ils n’usent pas comme l’ostéopathie. Il faut laisser aux Français le choix », a indiqué la ministre, en omettant cependant le fait que, suite à la généralisation de la complémentaire santé, une grande majorité des citoyens se voient aujourd’hui imposer leur contrat par leur employeur.