27/05/2018

Hier, mercredi 18 avril, se tenait une nouvelle réunion entre les représentants de la filière optique et la Direction de la Sécurité sociale pour la mise en place du reste à charge 0 en optique. Que faut-il en retenir ?

 

Alors que le projet prévoyait jusqu’ici un remboursement tous les 3 ans, ce dernier reviendrait à 2 ans pour les adultes et 1 an pour les enfants. Un changement confirmé ce matin par Agnès Buzyn, la ministre de la Santé, invitée de la matinale d’Europe 1 : « On va vers deux ans, on s’est mis d’accord. » Alors que la DSS proposait que ce renouvellement à deux ans ne porte que sur les verres, Alain Gerbel, président de la Fnof (Fédération nationale des opticiens de France), nous a indiqué que la monture devrait, in fine, pouvoir elle aussi être renouvelée dans le même délai.

Pour le Rof et le Synom, cette nouvelle réunion a également permis « la confirmation de l’existence d’un marché avec une véritable liberté de choix des produits pour les porteurs et les professionnels de santé (plus d’indices imposés selon les corrections) ». Quelques avancées donc, dans cette concertation que la ministre qualifie de « compliquée », même si elle « a bon espoir ».

 

Concernant le financement de cette réforme, Agnès Buzyn a expliqué qu’elle serait prise en charge « en grande partie, par l’Assurance maladie ; une partie par les complémentaires et puis par des redistributions de la valeur dans le cadre de la filière. Donc c’est assez compliqué, c’est pour ça que les négociations peuvent être tendues parce que les uns et les autres risquent de voir leurs équilibres financiers un peu transformés ».

 

Cependant, pour le Rof et le Synom, ce projet contient toujours des pistes « inacceptables :

  • L’impossibilité de renouveler un équipement avant une baisse d’acuité visuelle de 5 dixièmes.
  • Les tarifs des offres RAC 0, unifocaux et progressifs, qui sont insuffisants au regard de la qualité exigée (selon nos informations, ce panier devrait être fixé à 90 € pour un équipement unifocal et à 190 € pour un équipement progressif, dont 35 € pour la monture).
  • L’absence de prise en charge des prestations de l’opticien, comme l’examen de vue. »

 

De nombreux points de désaccord restent donc en suspens avant la prochaine réunion prévue mercredi 25 avril. La Fnof nous a par ailleurs déclaré que le gouvernement envisageait, à l’issue des rencontres sur le RAC 0, de mener des négociations avec le secteur sur l’avenir de la filière, notamment en termes de formation et de délégations de tâches. Celles-ci pourraient avoir lieu dans le courant des mois de mai et juin.