19 / 10 / 2018

Constatant que leurs propositions ne sont toujours pas prises en compte, le Collège national d’audioprothèse, le Synea (Syndicat national des entreprises de l’audition) et l’Unsaf (Syndicat national des audioprothésistes) refusent de poursuivre « des pourparlers de façade qui ne tiennent aucun compte de leurs inquiétudes ».

 

Après avoir tiré à plusieurs reprises la sonnette d’alarme sur les « conséquences sanitaires et économiques désastreuses » que pourraient avoir les dispositions envisagées par la DSS (Direction de la Sécurité sociale), les organisations professionnelles viennent de quitter la table des négociations. « Ces derniers jours, les audioprothésistes ont produit devant la DSS une étude d’impact particulièrement alarmiste, réalisée par le cabinet d’analyse indépendant Xerfi pour appuyer leurs arguments. Il n‘en a été tenu aucun compte. De leur côté, les équipes du ministère n’ont pas été en mesure de livrer le chiffrage des conséquences de leurs choix stratégiques », déclarent-elles dans un communiqué commun.

 

La profession rappelle ainsi une nouvelle fois que les enjeux de prévention de la dépendance en France imposent un engagement fort de l’Assurance maladie obligatoire sur la question des soins auditifs. Dans ce contexte, ses instances « ne peuvent accepter les modalités et les tarifs que l‘administration entend leur imposer sans concertation ». Elles répètent que les conséquences immédiates d’un tel projet se traduiront par trois principales conséquences : les centres les plus fragiles seront contraints de mettre la clé sous la porte ce qui engendrera une désertification de l’offre en audioprothèse ; l’impossibilité de renouveler avant 5 ans provoquera une baisse de la qualité de l’appareillage ; la dissociation appareil /suivi mettra à mal la satisfaction des patients.

 

Les organisations professionnelles dénoncent « un projet technocratique en contradiction avec les engagements politiques du président de la République d’assurer un meilleur équipement aux Français, et réaffirment leur volonté de contribuer à cette mesure de justice sociale ». Elles rappellent avoir toujours appelé de leurs vœux la réforme du reste à charge et avoir pour cela formulé un ensemble de propositions chiffrées, solidaires et réalistes.