29 / 05 / 2020

Vos syndicats continuent de réagir au vote de la PPL Le Roux par les sénateurs. Après la Fnof, pour qui «le Parlement œuvre à la déconstruction de la sécurité sociale, dans l’urgence, sans concertations ni débat», le Synope estime que le texte «stigmatise les opticiens» et réclame une négociation des conventionnements avec les organisations des professionnels de santé. L’UDO plaide quant à elle pour un «partenariat gagnant-gagnant avec les Ocam qui assurent 66% du remboursement des frais d’optique.»

Pour le Synope (Syndicat des opticiens entrepreneurs), le texte adopté par le Sénat apparaît à «bien des égards particulièrement alarmant pour l’avenir de la profession en ce qu’il stigmatise les opticiens et instaure une différence de traitement avec les autres professionnels de santé. Le Synope considère essentiel que ce texte rétablisse une égalité de traitement entre toutes les professions de santé concernées par ces conventionnements, et rappelle que les opticiens sont également des professionnels de santé !». Le syndicat ajoute qu’il est «impératif que la loi prévoit que les critères de ces conventionnements devront obligatoirement être négociés avec les organisations des professionnels de santé, et non imposés de manière discrétionnaire tel que c’est le cas aujourd’hui.» Il précise que «contrairement aux affirmations soulevées, les termes des conventionnement (que ce soit les aspects qualitatifs ou tarifaires) ne sont pas négociés, mais déterminés par les OCAM (ou leur tiers-gestionnaires) seules. Il nous apparaît essentiel que les critères qualitatifs ou tarifaires puissent faire l’objet d’une effective négociation.»

L’UDO (Union des opticiens) rappelle pour sa part que le parcours législatif de la PPL Le Roux continue. Le syndicat souligne que «sa position a toujours été claire et trouve légitime que les mutuelles puissent avoir les mêmes droits que les assurances et instituts de prévoyance dans le but de permettre aux adhérents de bénéficier des mêmes avantages. Pouvons-nous nous opposer radicalement aux OCAM qui assurent 66% du remboursement des frais d’optique contre 4% par le régime obligatoire ?» Son président Henri-Pierre Saulnier précise que «la particularité de notre profession est d’être de santé à caractère commercial» et que «certains opticiens minoritaires ont donné l’impression d’avoir un comportement plus de marchands de lunettes que de professionnels de santé donnant une bonne qualité de prestation en amont.» Il estime que le mode d’exercice de la profession doit changer et «doit évoluer vers l’opticien-optométriste dans le cadre du dispositif LMD, tout en favorisant la proximité de l’accès aux soins, la qualité, et la régulation.» L’UDO restera cependant «vigilante» et rappelle avoir insisté, lors de son audition au Sénat, «pour obtenir un cadre législatif garantissant la liberté de choix du fournisseur tout en conservant notre rôle d’opticien traitant. Tous les souhaits des professionnels ne sont pas d’ordre législatif et doivent s’inscrire dans une démarche gagnant-gagnant avec les complémentaires santé en évitant tout affrontement.»