10 / 08 / 2022

Hier 29 septembre, la centrale a réuni, dans le cadre du Silmo, des opticiens, représentants des complémentaires santé, ophtalmologistes, plateformes de tiers-payant et experts en télétransmission pour partager des réponses communes en alternative aux réseaux et aux remboursements différenciés.

 

Les réseaux, une solution peu efficace ? Nicolas Benoliel, vice-président du cabinet Gallileo Business Consulting, a rappelé que, hors-assurance-vie, la complémentaire santé est le premier marché de l’assurance et un des plus rentables, pesant 32 milliards d’euros sur 220 milliards d’euros au total.
Il a également souligné qu’entre 2002 et 2010, le prix des complémentaire santé a augmenté de +219%, contre +10,6% pour celui des produits d’optique. Par ailleurs, contrairement à ce qu’assènent les associations de consommateurs et la Cour des comptes, la majorité des clients ne trouverait pas les lunettes “trop chères” : selon une enquête Gallileo menée auprès de 2 340 personnes ayant acheté leur équipement cette année, 64% des porteurs d’unifocaux jugent le prix correct au regard du produit et de la prestation de leur opticien, et 9% l’estiment «moins cher que ce que ça vaut» ; moins d’un tiers (27%) pensent avoir payé trop cher. Enfin, sur les quelque 25 milliards d’euros reversés aux bénéficiaires des Ocam, seuls 3 milliards correspondent aux prestations optiques, «soit deux fois moins que le montant des cotisations non reversées», qui s’élève à 6,7 milliards d’euros. Au vu de ces résultats, «est-ce sur la santé visuelle ou leurs frais de gestion qu’elle doivent rechercher des économies», questionne Nicolas Benoliel en rappelant par ailleurs que, selon une récente enquête Ipsos, 60% des Français sont hostiles à l’intervention des complémentaires santé dans le choix de leur opticien et des produits. Dans ce contexte, peut-on mieux travailler avec les Ocam ? «Oui, assure Gallileo,
en rétablissant l’égalité entre tous les Français, ce qui implique l’interdiction des remboursements différenciés et la mise en place du tiers-payant pour tous, en garantissant à tous les consommateurs l’accès à un équipement, en allant chercher les économies sur les frais administratifs et de gestion, et en menant une concertation globale avec les ophtalmologistes, les opticiens, les orthoptistes, les Ocam, les pouvoirs publics et les patients pour construire une filière de qualité.»

 

La PPL Le Roux, un texte inconstitutionnel ? Philippe Mixe, président de la FNIM (Fédération nationale indépendante de mutuelles), a de son côté déclaré que «seules les mutuelles de proximité tiennent le discours du respect non négociable des valeurs mutualistes et du Code de la mutualité», qui interdit à ce jour aux mutuelles de pratiquer les remboursements différenciés. Concernant la PPL
Le Roux, qui vise à faire tomber cette interdiction et devrait être définitivement votée dans les prochains mois, «il y a à mon sens matière à saisir le Conseil constitutionnel», ajoute-t-il.

 

Communiquer auprès du public et des DRH. Pour Stéphanie Dangre, présidente du Groupe All, «mieux vivre avec les Ocam, c’est aussi informer les consommateurs et mettre en avant les complémentaires santé éthiques.» Dans ce but, la centrale propose un “package communication” avec un kit destiné aux ophtalmologistes (affiche, dépliant et gazette cosignée par le Dr Jean-Bernard Rottier, président du Syndicat national des ophtalmologistes de France), une offre pour les DRH (avec un guide la complémentaire santé et un “diagnostic” de leur contrat) et le site jechangedemutuelle.fr (comparateur de contrat santé en ligne). Comme «solution économique au problème du financement»,
le Groupe All a également mis en place l’offre Santé Visuelle Universelle, qui se veut “100% santé”, proposée à 59 euros l’équipement unifocal et 119 euros l’équipement progressif. «Avec SVU,
les réseaux n’ont plus de raison d’exister. Nous souhaitons ainsi la généralisation de cette offre»
, argumente Stéphanie Dangre.

 

Télétransmettre en respectant les données clients. La centrale a également présenté son module de tiers-payant IntegrAll, qui gère les Depec, les télétransmissions RO et RC, les avances de frais et les recouvrements. «Seules les données obligatoires sont transmises, conformément aux préconisations de la Cnil. C’est une offre éthique et indépendante des logiciels», a déclaré Régis Sénégou, DG du groupe Séphira, qui a développé ce dispositif pour le Groupe All. Jérôme Tillette de Mautort, directeur du développement Almerys, a lui aussi estimé qu’on peut «échanger des informations si elles répondent à la finalité du traitement, comme l’identité du bénéficiaire, mais pas son numéro de téléphone, son adresse personnelle ou son e-mail.»

 

En conclusion, Stéphanie Dangre a déclaré :


Il est possible de construire des solutions concrètes et constructives.
Alors que le modèle s’essoufle, cette stratégie nous aidera
à sortir vers le haut.