23 / 01 / 2022

L’Académie française d’ophtalmologie (AFO), la Société française des ophtalmologistes adaptateurs de lentilles de contact (SFOALC) et le Syndicat national des ophtalmologistes de France (Snof) s’inquiètent d’une voix commune des conséquences de l’article 17 quater du projet de loi sur la consommation.

 

Alors que le projet de loi Hamon prévoit d’allonger à 5 ans le délai pendant lequel les opticiens peuvent adapter la prescription de leur client de plus de 16 ans dans le cadre d’un renouvellement de verres correcteurs, l’AFO pointe du doigt « un texte inadapté aux besoins des Français.» « Si cette mesure était adoptée, un porteur de lunettes pourrait ne plus revoir d’ophtalmologiste pendant près de 10 ans. Elle est contraire aux recommandation médicales, qui préconisent un suivi ophtalmologique tous les 2-3 ans entre 45 et 50 ans, et au moins tous les 2 ans après 65 ans », argumente sa présidente le Dr. Béatrice Cochener. 

 

Le projet de loi sur la consommation vise aussi à supprimer l’obligation de prescription pour les lentilles correctrices. Pour le Dr. Evelyne Le Blond, présidente de la SFOALC, cette disposition va faire sortir l’adaptation du champ médical et engendrer de nombreux risques de complications. « Une étude faite sur les complications infectieuses liées au port de lentilles montre qu’un suivi par l’opticien multiplie le risque par 6,9. Ce texte est fait pour développer la vente sur Internet, qui multiplie quant à elle le risque par 7,3. Il ne distingue pas non plus les lentilles correctrices des lentilles à visée médicale, pour les cas de kératocônes, de plaies de la cornée ou encore de myopies fortes unilatérales », regrette-t-elle..

 

Le Dr. Jean-Bernard Rottier, président du Snof, déclare aussi « ne pas comprendre la motivation de ce projet de loi. »  Pour éviter les dérives que pourrait engendrer sa version actuelle, le syndicat a transmis une lettre argumentée au ministre Benoît Hamon (qui n’a pas encore répondu), interpelle un maximum de députés et a demandé une audition au Premier ministre.

 

Rappelons en effet que le texte doit encore être voté en deuxième lecture par l’Assemblée nationale, à une date qui n’a pas encore été fixée. Il est donc encore susceptible d’être modifié.