2 / 12 / 2022

Suite à l’adoption à l’Assemblée nationale de la loi Le Roux et du projet de loi Hamon, les organisations professionnelles ne baissent pas les bras et reprennent la parole.

 

Le Synope (Syndicat des opticiens entrepreneurs), qui estime que «la profession est en danger», appelle à mettre de côté «les luttes intestines syndicales», notamment celles qui l’opposent à la Fnof (Fédération nationale des opticiens de France). Le syndicat souligne avoir «toujours souligné l’importance d’une union, et ouvert la porte il y a un an encore à cette union» à l’occasion du Forum de L’Opticien-Lunetier. Il réclame ainsi l’organisation d’une conférence de presse dès la mi-janvier avec «tous les représentants de la profession (fédération, union, syndicat, association) et plus généralement tous ceux qui partagent cette volonté de défendre et valoriser notre profession aujourd’hui sacrifiée.» Dans cette perspective, il invite les opticiens à relayer la lettre ouverte adressée par Christian Roméas, président du Synope, à Marisol Touraine, dans laquelle il se dit «consterné et en colère» suite au propos tenus par la ministre de la Santé sur les opticiens lors de l’émission «C’est à vous» sur France 5 du 18 décembre. Celle-ci avait notamment déclaré que «les opticiens ne sont pas des professions médicales,vendent des lunettes et ne sont pas des ophtalmologistes ou des orthoptistes.»

L’UDO (Union des opticiens) rappelle de son côté «son attachement aux travaux productifs, en cours et prometteurs, qu’elle a engagés avec le ministère de la Santé, afin d’adapter la profession d’opticien aux nouveaux enjeux.» Au-delà des déclarations de Marisol Touraine, le syndicat présidé par Catherine de la Boulaye rappelle que «l’opticien relève, en toute clarté, du code de la Santé Publique, au titre des auxiliaires médicaux. C’est d’ailleurs pour cela qu’il négocie avec le ministère de la Santé. Afin de poursuivre en ce sens, différents rendez-vous ont d’ores et déjà été sollicités. »

 

Les Opticiens-Lunetiers Unis, qui juge la loi Le Roux est «injuste car elle repose sur un postulat mensonger, se sert de la pauvreté de nos concitoyens pour les dresser contre nous et vend la santé des Français aux groupes financiers dont le souci premier est et sera toujours de faire de l’argent sur le dos des patients», vont interpeller les parlementaires pour saisir le Conseil Constitutionnel e t se tourner vers la cour de justice de l’Union européenne. «Et si ça ne suffit pas, si le droit ne parvient à être entendu, il restera toujours la force : celle de l’Union», insiste leur président Yann Fournier. En ajoutant : «le manque d’entente entre les syndicats historiques et les messages biaisés par certains groupes financiers ayant joué contre la profession auprès d’élus, ne nous a ni aidés ni montrés sous notre meilleur profil.»