6 / 07 / 2022

Le groupe Optic 2000 a réalisé en 2013 un chiffre d’affaires de 456 millions d’euros HT, en hausse de +9,3% par rapport à 2012, pour un résultat stable de 8 millions d’euros. Le CA total réalisé par l’ensemble de ses magasins (Optic 2000, Lissac, Optic 2000 Suisse et Audio 2000) s’est monté l’année dernière à 1,292 milliards d’euros TTC.

 

Le groupe compte désormais 2 213 points de vente au total : 1 201 magasins Optic 2000 en France (+1 en 2013), 210 magasins Lissac (+2 en 2013), 273 magasins Audio 2000 (+15 magasins en 2013), 55 magasins en Suisse, 216 magasins sans enseigne en France et 258 magasins COI (Groupe One).

 

Le CA des opticiens sous enseigne Optic 2000 en France a atteint 930 millions d’euros TTC en 2013. Le chiffres d’affaire moyen de ces points de vente a chuté de -0,90% (vs. –1,4% pour l’ensemble des magasins français selon GfK). Les opticiens Lissac ont généré 120 millions d’euros de CA TTC (-0,45% par magasin).

 

« Je ne crois pas à la vente de lunettes sur Internet »

 

A l’occasion de la présentation de ces chiffres, ce 22 mai, les dirigeants du groupe sont revenus sur l’actualité du secteur. Concernant la polémique sur le coût des lunettes, Didier Papaz, PDG, a rappelé que « 35% des porteurs français sont équipés de progressifs, un chiffre bien supérieur aux autres pays, ce qui explique un prix moyen plus élevé. » Il a également réaffirmé son opposition à la vente directe de lunettes sur Internet et la disposition de la loi Hamon obligeant les ophtalmologistes à inscrire l’écart pupillaire sur l’ordonnance : « Si les lunettes achetées sur le web ne conviennent pas, le client retournera voir son ophtalmologiste, qui ne pourra peut-être pas le recevoir avant 6 mois et refusera sans doute de faire le SAV. Cette mesure pose un vrai problème de santé publique. » Didier Papaz se montre cependant serein d’un point de vue économique : « en France, je ne crois pas à la vente de lunettes sur Internet, estimée pour le moment à 2% du marché, car les Français les considèrent comme un bien de santé. »

 

« Le gouvernement pense que vendre des lunettes, c’est vendre une baguette de pain »

 

Le PDG s’est par ailleurs prononcé sur le futur décret visant à encadrer les remboursements optiques. Comme les autres acteurs de la filière, Didier Papaz s’oppose au plafonnement : « on aurait du donner aux Ocam la possibilité de mieux rembourser les montures françaises. » Il souligne cependant l’intérêt de mettre en place des remboursements planchers : « le gouvernement impose aux complémentaires santé de prendre en charge l’optique a minima (50 euros pour les verres simples selon nos dernières informations, ndlr). Nos offres entrent dans cette limite, ce qui règle la problématique de l’accès aux soins. On est bien sur un transfert de charges de la Sécurité sociale vers les Ocam. » Optic 2000 regrette cependant le projet de limiter la prise en charge à un équipement tous les deux ans, notamment dans le cas où le porteur casse ses lunettes : « on a l’impression que le gouvernement pense que vendre des lunettes, c’est vendre une baguette de pain. Mais l’optique, c’est un métier de services bien plus qu’un métier marchand.» Didier Papaz estime enfin que ce décret ne se justifiait pas, compte tenu du développement des réseaux de soins : « ils sont à même de bien réguler le marché. Nous nous sommes adaptés à cette évolution, en donnant à nos opticiens les bons outils, ce qui leur permet de maintenir un résultat net d’environ 7% depuis plusieurs années. »

 

Un nouveau concept de magasin en 2015

 

Yves Guénin, secrétaire général, est quant à lui revenu sur les atouts du groupe. « Notre pari, c’est de faire adhérer le consommateur à des valeurs et de normer ces valeurs. La force de notre réseau est de faire prendre le bon chemin aux opticiens. Il faut démarchandiser la profession. C’est comme ça que nous aurons une vraie filière de santé et des délégations de compétences », a-t-il déclaré. Revenant sur la polémique relative aux optimisations de facture, il reconnaît que les « opticiens ont eu des torts et que ces pratiques ne doivent plus avoir lieu. » Le groupe leur « fait la chasse », notamment via son logiciel magasin, et annonce travailler avec Microsoft sur un nouveau software. Il mise par ailleurs sur le web-to-store, avec son site e-commerce qui « réalise un chiffre d’affaires équivalent à celui d’un magasin », la « e-réservation de produits retirés chez l’opticien représentant 50% de ses ventes. »

 

Pour l’avenir, Optic 2000 a pour objectif de représenter, en 2017, 18% du parc total de magasins (contre 15,5% aujourd’hui). Il annonce le lancement d’un nouveau concept « pour toutes les enseignes du groupe », intégrant le digital, qui devrait voir le jour en 2015.