25 / 09 / 2022

Le Syndicat des opticiens entrepreneurs a célébré ses 10 ans hier 23 juin, à la Villette à Paris. L’économiste de la santé Jean de Kervasdoué, professeur au CNAM (Conservatoire national des arts et métiers) et ancien directeur des hopitaux, y a donné une conférence intitulée « Opticien en 2020 ? », suivie d’un débat.

 

Jean de Kervasdoué a souligné que notre secteur bénéficiait d’un environnement favorable à son développement, avec le vieillissement de la population et donc l’augmentation du nombre de presbytes, et la baisse démographique des ophtalmologistes : « vu l’évolution de la demande, les tâches des opticiens et des optométristes devront s’enrichir », a-t-il souligné. L’économiste a par ailleurs que le monde de la santé, et notamment l’optique, était caractérisé par une asymétrie de l’information entre le consommateur, qui ne sait pas ce qu’il achète, et le professionnel : « c’est cela qui rend les abus et les fraudes possibles. Il est essentiel que le syndicat s’en occupe et d’aborder ces problèmes dans les relations avec les fournisseurs. »

 

Rassurant sur les conséquences du plafonnement des remboursements, qui aura selon lui un « effet nul », Jean de Kervasdoué pousse la profession à négocier avec les Ocam : « je vous conseille d’aller voir des organismes comme la Mutualité, la FFSA, de manière officieuse, et de leur demander ce qu’ils souhaitent. Les complémentaires santé financent la moitié de votre chiffre d’affaires, c’est donc avec elles qu’il faut discuter. Et elles sont préférables à l’arrivée d’éventuels Google-Optics ou Amazon-Optics, qui pourraient bouleverser le secteur. » Que négocier selon lui ? La définition des produits, le contrôle de leur qualité, le contrôle des coefficients verres et montures, celui de la facturation et la valorisation du service. « Soit la profession créera une charte de qualité, au-delà de la certification, soit elle lui sera imposée », a-t-il averti.

 

Jean de Kervasdoué, qui pousse également au dialogue avec les ophtalmologistes pour négocier les conditions et modalités de nouvelles délégations de tâches, se montre optimiste : « le secteur de l’optique va croître. Il y aura plusieurs marchés mais le plus important sera médical. Il vous sera cependant demandé une réduction de l’asymétrie de l’information vis-à-vis de vos clients », a-t-il conclu.

 

Photo : Jean de Kervasdoué (à droite) avec Christian Roméas, président du SynOpe, le 23 juin à la Petite Halle de la Villette.