Plafonds de remboursements : un effet neutre sur les prix, selon les patients

Publié le 02/07/2014

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Pour Marc Morel, directeur du Ciss (qui regroupe la majorité des associations de patients), les maxima de prise en charge des équipements optiques prévus par le décret sur les contrats responsables n’impacteront pas le prix des lunettes. L’UFC-Que Choisir rejoint son analyse. L’industrie lunetière française pourrait pâtir en revanche de cette mesure.

 

Selon Marc Morel, interrogé par l’AFP, les plafonds auront au mieux « un effet neutre : rien ne nous dit que les médecins vont cesser leurs dépassements d’honoraires ou que les opticiens vont baisser leur prix », a-t-il déclaré. Il corrobore ainsi les convictions de Christian Saout, administrateur et ancien président du CISS, qui, dans notre interview exclusive, avait prévu en mai que « le plafonnement des remboursements optiques sera contre-productif. »

 

Mathieu Escot, responsable adjoint des études à l’UFC-Que Choisir, pronostique également un effet nul, en estimant que le décret sur les contrats responsables n’aura pas d’impact baissier « ni sur les prix des complémentaires ni sur le prix des lunettes. » Egalement interrogé par l’AFP, il juge que cette mesure est « un coup d’épée dans l’eau », les plafonds fixés correspondant aux prix moyens actuels d’une paire de lunettes. Concernant les planchers de remboursement qui, selon la Mutualité française, pourraient renchérir les tarifs des Ocam, le représentant de l’UFC-Que Choisir est plus enthousiaste : « ça risque de faire augmenter un peu le prix de certains contrats mais ça va permettre aussi de faire accéder tous les consommateurs couverts par ces contrats responsables à un niveau minimal de remboursement. »

Le décret pourrait cependant avoir des conséquences sur l’industrie de la lunetterie en France, le montant maximum pour les remboursements de montures ayant été fixé à 150 euros. Hier 1er juillet, Philippe Peyrard, directeur général délégué d’Atol, a souligné sur RTL et Europe 1 que cette mesure allait impacter de plein fouet les montures Made in France et menacerait des emplois en France. « Les montures françaises sont vendues en moyenne entre 180 et 190 euros soit 20 à 30 % au-dessus du plafond de 150 euros instauré par le gouvernement », a-t-il expliqué, en ajoutant que les opticiens seront tentés de s’orienter vers des produits en provenance d’Asie. En ajoutant : « nous ne sommes pas à l’abri d’un tassement de la production de montures et donc de l’emploi en France. »

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