18 / 10 / 2021

L’Académie Française d’Ophtalmologie et les écoles d’orthoptie réagissent au texte « Croissance et pouvoir d’achat », qui prévoit de confier aux optométristes la prescription de lunettes et de lentilles ainsi que des tâches de dépistage. Dans une lettre ouverte au ministre de l’Economie, ils défendent le rôle-clé des orthoptistes, « formés au dépistage des états oculaires anormaux et qui remplissent une mission de santé publique. »

 

Pour l’AFO et les écoles d’orthoptie, la version actuelle du texte comporte plusieurs écueils majeurs : « il remet en cause la fonction d’orthoptiste telle qu’elle a évolué ces dernières années : les orthoptistes assument aujourd’hui une part importante de la politique de prévention en tant qu’acteurs de la médecine de premier recours, en coopération avec les ophtalmologistes ; de ce fait il condamne une profession aux compétences essentielles, dans un contexte de pénurie d’ophtalmologistes, alors même que le nombre d’écoles et d’étudiants en orthoptie ne cesse de progresser, conduisant justement à résorber les délais d’attente au sein des cabinets d’ophtalmologie ; de manière plus globale, il remet en cause le modèle moderne de la filière visuelle française axé sur la prévention, pourtant validé ces derniers mois par les décisions de plusieurs autorités de santé publique, au profit d’un modèle à l’anglo-saxonne axé sur la consommation, complètement déconnecté de la réalité hexagonale. »

 

Dans ce contexte, les professeurs en ophtalmologie rappellent l’importance « des orthoptistes pour le dépistage en première instance des affections oculaires, élément essentiel du parcours de soins. Leur formation médicale, salutaire vis-à-vis du défi que représente la pénurie d’ophtalmologistes sur le territoire français, est déterminante dans ce rôle, contrairement aux optométristes dont la formation ne comporte aucun stage ni parcours clinique. » Ils soulignent également les récentes avancées en matière de délégations de tâches, avec trois nouveaux protocoles validés par la Haute Autorité de Santé. En conclusion, ils estiment que la loi Macron « pourrait ainsi sacrifier quinze ans de travail autour de la coopération ophtalmologistes-orthoptistes, entraînant des dysfonctionnements du système de soins extrêmement dommageables pour la vue des Français. »

 

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