2 / 07 / 2022

Après Dunkerque, la start-up Ophta City vient d’ouvrir un second centre à Agen, qui repose sur des optométristes et un réseau d’ophtalmologistes européens en télémédecine. L’Ordre des médecins étudie la légalité du concept.

 

Ophta City promet des rendez-vous en moins de 15 jours, par téléphone ou Internet, pour un examen de vue incluant le dépistage de pathologies oculaires, et propose la réalisation de lunettes. Le centre fait travailler des optométristes, qui relaient les résultats des examens pratiqués par télémédecine à des ophtalmologistes situés dans des pays européens, qui analysent les données et fournissent leur compte-rendu dans un délai de deux semaines. Ophta City ne dispense aucun traitement : en cas de suspicion d’une maladie, le patient est orienté vers un médecin. Ces services sont proposés aux adultes et enfants de plus de 12 ans, sans antécédents de pathologies oculaires. Leur coût : 25€ de frais d’expertise remboursables par la sécurité sociale et 35 € de « frais techniques », déduits du prix des lunettes si le patient décide de les acheter chez Ophta City.

 

L’Ordre envisage un recours judiciaire

La situation a été signalée à l’ARS et l’Ordre des médecins déclare « suivre très attentivement » le dossier. « La question est de savoir si les optométristes font un exercice qui ne dépasse pas leurs compétences et la deuxième c’est de savoir si l’exercice de la télémédecine répond à un contrat », explique le Dr Jean-Marcel Mourgues, président du conseil départemental de l’Ordre des Médecins, dans les colonnes du journal La dépêche. Les ophtalmologistes étant à l’étranger, cela « rend les choses complexes, car on est dans le droit européen. La suite qui sera donnée dépendra de toutes les informations que nous aurons. Tout est possible, y compris une voie judiciaire. »

Jérôme Quenor et Régis Poussin, les dirigeants d’Ophta City, ont déjà fait l’objet d’une procédure judiciaire concernant leur premier centre, ouvert à Dunkerque en 2012. Attaqués par le Syndicat national des ophtalmologistes de France, ils ont finalement remporté la partie lors d’une ordonnance rendue en référé l’année dernière par le Tribunal de grande instance de la ville. Celui-ci avait estimé qu’il ne lui appartenait pas de se prononcer sur le caractère légal de l’activité de la société, qui n’engendrait pas de trouble « manifestement illicite », et qu’il fallait saisir le juge pénal ou le conseil de l’Ordre (ce qui a été fait).

 

Le centre de Dunkerque aurait accueilli, depuis son ouverture, près de 8 000 patients.