2 / 07 / 2022

C’est ce qu’a annoncé lors d’une conférence de presse le nouveau président du Snof (Syndicat National des ophtalmologistes de France), le Dr. Thierry Bour, pour qui « la pénurie d’ophtalmologistes pourrait être résorbée d’ici 10 ans. »

 

Pour annoncer ce « nouveau tournant », le Dr. Bour, le Dr. Jean-Bernard Rottier et le Pr. Béatrice Cochener se basent sur les projections en matière de démographie médicale. Certes, pour l’heure, le manque de spécialistes n’est pas « jugulé », mais des signes positifs laisse présager une nette amélioration de la situation :

– L’augmentation des postes d’internes en ophtalmologie (150 à la rentrée 2014 contre 106 il y a 4 ans),

– le développement du travail aidé (25 à 30% des ophtalmologistes travaillent en coopération avec un orthoptiste), en s’assurant que cette délégation de tâches soit accessible aux secteur 1. Ce modèle, apprécié par les ophtalmologistes et les patients pourrait rapidement être « étendu à tout le territoire afin de libérer du temps médical », comme l’a souligné récemment Marisol Touraine,

– l’intégration des ophtalmologistes étrangers au rythme régulier de 30 par an,

– le développement de la poursuite d’activité au-delà de 65 ans.

 

En parallèle, le syndicat note que les ophtalmologistes « se sont mobilisés sans relâche pour répondre aux besoins de soins croissants », avec une augmentation de leur activité de 30% sur les 6 dernières années. Si ces données sont pleines d’optimiste pour le futur, le Dr. Thierry a indiqué que les médecins allaient « continuer de réclamer une augmentation du numerus clausus jusqu’à ce que l’équilibre avec les départs en retraite soit atteint, soit environ 200 places par an. (…) Si les pouvoirs publics nous suivent dans notre volonté de moderniser et redynamiser la filière, la pénurie pourrait être résorbée d’ici 10 ans. Le point bas sera atteint en 2020, puis la situation va s’améliorer progressivement. »

Dans le même temps, le Snof reste « particulièrement vigilant » face au projet de loi Macron qui prévoyait dans sa première version de créer la profession d’opticien optométriste, depuis abandonnée. « Que ce soit dans le cadre de la loi Macron ou d’une future loi, nous serons attentifs à toute initiative ayant pour conséquence de remettre en question la qualité de la prévention oculaire et l’intérêt supérieur des patients. »