2 / 07 / 2022

À l’Assemblée nationale, Marisol Touraine a confirmé que « la voie d’une reconnaissance du métier d’optométriste », précédemment évoquée par le ministère de l’Economie et le rapport Ferrand, « n’a pas été retenue. » Elle mise sur sa solution fétiche : la généralisation des délégations ophtalmologistes-orthoptistes.

Questionnée le 13 janvier par la députée du Lot Dominique Orliac sur l’organisation de la filière de soins visuels, la ministre de la Santé a déclaré que « la première mesure que nous avons prise est d’augmenter le nombre de postes d’internes en ophtalmologie » (passé de 106 en 2010 à 150 en 2014). « Il sagit là, évidemment, dune mesure de moyen ou long terme. À court terme, nous devons travailler sur lorganisation de la filière. La voie dune reconnaissance du métier doptométriste n’a pas été retenue. Je ne pense pas, en effet, que la création d’une quatrième profession soit de nature à simplifier ni accélérer le parcours des patients. Pour ma part, j’ai souhaité travailler à de nouvelles formes d’organisation dès 2012, notamment, à travers la mise en place d’une expérimentation dans la région des Pays de la Loire : désormais, le renouvellement de la prescription de verres correcteurs peut intervenir dans un délai de quinze jours après réalisation d’un bilan visuel par un orthoptiste et un diagnostic, posé de façon différée et à distance, par un ophtalmologiste. Nous devons maintenant généraliser ce type d’expérimentations en le déployant dans tout le pays afin de réduire significativement les délais d’attente. »

Le Syndicat national des ophtalmologistes de France salue cet engagement du gouvernement. Thierry Bour, son président, « se félicite de ces engagements clairs, en phase avec les préconisations de la profession. » Désormais, l’organisation attend la validation et la généralisation du protocole expérimenté en Pays de la Loire, « qui permettra de réduire les délais de prise en charge de 12 mois à 15 jours, pour les patients ayant besoin de lunettes rapidement. Cela passe par l’établissement d’une cotation par l’Assurance-Maladie et la promulgation d’un arrêté ministériel par le Ministère de la Santé. »