6 / 12 / 2021

Fin décembre, le tribunal de commerce de Paris a condamné Gadol Optic 2000, en première instance, à verser 29,5 millions d’euros à Optical Center au titre de dommages et intérêts pour concurrence déloyale. En cause : des « optimisations de factures » constatées en 2007 par 12 magasins. L’enseigne a immédiatement fait appel et a pris les mesures nécessaires pour contester le jugement « en toute sérénité. »

 
« Nous sommes confiant, car le jugement ne tient sur rien », déclare Yves Guénin, secrétaire général de la coopérative. En effet, Krys et Lissac Enseigne, qui ont également fait l’objet d’une procédure similaire, ont été mis hors de cause, le tribunal de commerce ayant jugé que les opticiens ayant pratiqué des « optimisations de facture » étaient des commerçants indépendants et que leur enseigne ne pouvait être tenue pour responsable de leurs actes. Selon la direction d’Optic 2000, les faits étant « une dérive isolée » d’une douzaine de points de vente (non succursalistes), la cour d’appel (composée de magistrats professionnels) devrait donc annuler en toute logique le jugement pris en première instance qui, d’ailleurs, « constate paradoxalement que la coopérative a engagé diverses mesures pour lutter contre la fraude dans son réseau, notamment le déploiement du logiciel verrouillé PVO, renforcé en 2008. »

 
Si les fonds propres de Gadol Optic 2000 (environ 32 millions d’euros) permettraient de couvrir la somme demandée, la coopérative a voulu « éviter une sortie massive et sécuriser les fonds », explique Yves Guénin. Elle a ainsi choisi de se placer en procédure de sauvegarde, ce qui permet d’étaler le paiement, sur 10 ans dans ce cas précis. « Cette mesure n’a aucune incidence sur les comptes et la gestion de la société », rassure le secrétaire général, en soulignant que tous les engagements pris envers les fournisseurs seraient tenus. Cela permet donc d’attendre que la procédure d’appel suive son cours, dans l’attente du verdict qui devrait intervenir d’ici « 18 mois à deux ans. »