23 / 01 / 2022

Une récente étude soulignant la baisse de la prévalence de la démence chez les seniors vivant en milieu rural dresse un lien entre correction de la vision de près et prévention de la dépendance.

 

Cette étude, baptisée AMI et présentée par le Groupe Agrica, révèle qu’en 20 ans, la prévalence de la démence a baissé de 38% chez les agriculteurs de plus de 65 ans. Parmi les facteurs mis en lumière (hausse du niveau d’études, meilleure surveillance médicale, baisse du tabagisme, poursuite d’activités de loisirs…), la qualité de la vision figure en bonne place : selon l’étude, la baisse du déclin cognitif va de pair avec une chute de la prévalence des déficiences visuelles, qui est passé de 31,8% à 24%, et les personnes qui ont des déficiences visuelles doublent leur risque de dépendance.

 

Le simple port de lunettes prémontées aurait une influence positive.  « Un tiers de nos sujets sont atteints de déficiences visuelles, 49 % des sujets ont gagné un niveau au test de Parinaud », indique Karine Pérès, une des responsables de l’étude menée à l’Université de Bordeaux, dans le Quotidien du médecin, qui précise que « parmi les 101 sujets présentant un déficit léger, 60 % ont récupéré des capacités normales, et parmi les 79 sujets présentant des déficits modérés à sévères, plus de 50 % ont vu leurs capacités s’améliorer, dont un tiers a recouvert des capacités visuelles normales en vison proche. »

 

Ainsi, il y a « des leviers d’actions potentiels dans la prévention de la dépendance par une meilleure prise en charge ophtalmologique », conclut Karine Pérès, ce qui nécessite cependant un meilleur accès aux soins, notamment dans les zones rurales particulièrement touchées par les déserts médicaux.