25 / 09 / 2022

La Commission spéciale du Sénat sur le projet de loi pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques a adopté un amendement visant à supprimer le premier alinéa de l’article L.4362-10 du code de la santé publique, qui subordonne la délivrance de verres correcteurs à l’existence d’une prescription médicale en cours de validité.  Pour l’Union des opticiens, cette mesure serait un « progrès pour la qualité des soins optiques dans notre pays ».

 

L’UDO estime que cet amendement (qui doit encore être voté en séance publique au Sénat et validé par la commission mixte paritaire pour être définitivement adopté) « vise à rendre un service de proximité essentiel aux porteurs de verres correcteurs qui souhaitent ou ont besoin d’acheter des lunettes dans un délai court (lunettes perdues, brisées…) ».

 

Compte tenu des délais de rendez-vous chez les ophtalmologistes, l’obligation d’ordonnance risque d’empêcher les porteurs de lunettes de « conduire, lire ou travailler dans des conditions de vue acceptables pendant un long moment. Plus grave, ce délai d’attente peut l’inciter à mener ses activités sans équipements correcteurs, donc en prenant des risques pour sa sécurité et celle des autres. Le raisonnement vaut pour les étrangers qui auraient besoin d’acheter des lunettes pendant un court séjour en France. En l’occurrence, la France serait le seul pays de l’Union Européenne dans cette situation, les autres Etats n’imposant pas d’ordonnance », argumente le syndicat.

 

L’UDO tient ainsi « à exprimer son indignation devant la réaction du Syndicat national des ophtalmologistes de France », d’autant plus que, jusqu’en 2014, la loi française autorisait les opticiens à délivrer des lunettes sans ordonnance aux personnes de plus de 16 ans. « Or durant ces 70 années, aucun risque scientifiquement fondé n’a jamais été rapport », assure le syndicat qui, contrairement aux arguments du Snof, affirme que « laisser aux porteurs de verres la possibilité d’acquérir leurs lunettes chez l’opticien favorise le dépistage des maladies oculaires ».

 

« Défendre l’obligation de prescription pour la délivrance de lunettes revient à faire disparaître inutilement et sans fondement l’un des services rendus par les opticiens, à savoir la délivrance de lunettes dans un délai rapide (10% environ de leur activité) », ajoute Catherine de la Boulaye, présidente de l’UDO.