11 / 04 / 2021

Le rapport de Dominique Voynet, attendu début juillet, doit présenter un plan d’action impliquant les « 3 O », avec notamment pour but de raccourcir les délais de rendez-vous chez les ophtalmologistes. Sur proposition des organisations professionnelles, il pourrait préconiser une réforme de la formation, avec une ouverture vers la « masteurisation ».

 

A l’occasion du Congrès de la Fnof, qui s’est déroulé cette semaine à Paris, le Dr Thierry Bour, président du Syndicat national des ophtalmologistes de France, a annoncé que le rapport Voynet devrait sortir début juillet. Ce document est élaboré par Dominique Voynet, inspectrice générale des Affaires sociales, dans un esprit de concertation : les différentes organisations d’ophtalmologistes, d’opticiens et d’orthoptistes ont en effet été consultées. Et il pourrait bien marquer une étape fondamentale dans l’évolution de votre profession, notamment par le biais de la formation. « Il pourrait lui ouvrir l’université, mettre en place des formations communes avec les orthoptistes, la faire accéder à des masters », a indiqué Alain Gerbel, président de la Fnof. En ajoutant : « Si les ‘3 O’ continuent dans cette dynamique, on arrivera à cette filière de santé visuelle qu’on appelle de nos vœux. » Les trois professions semblent enfin avoir trouvé un terrain d’entente basé sur la coopération. La création d’une profession intermédiaire, de niveau bac+5, qui serait une évolution des professions socles actuelles d’orthoptiste et d’opticien, est envisagée.

 

Vers la « masteurisation » de la profession ?

La Fnof propose un projet de référentiel métier présentant cinq axes de développement professionnel de l’opticien : la visite du permis de conduire, la prévention en milieu scolaire et en milieu de travail, la coopération avec les généralistes, la prise en charge des personnes à mobilité réduite et des personnes âgées notamment dans le cadre de la prévention des chutes, et l’adaptation et la manipulation des lentilles de contact. Et pour cela, il faudrait mettre en place « un référentiel certification pour une formation bac+3 et bac+5 », explique le syndicat.

Il souhaite ainsi que le diplôme d’exercice passe du BTS à la licence. Dans un premier temps, la « masteurisation » ne pourra être accessible que par le biais de l’article 30 du projet de loi sur la santé, qui crée un exercice en pratique avancée pour les professions paramédicales, c’est-à-dire un élargissement du champ des compétences, à partir du métier socle. Cela « implique la définition d’orientations nationales fixées par le ministère. L’avenir nous dira si la « masteurisation » peut être étendue et le niveau du diplômé d’exercice fixé au niveau bac+5 », indique la Fnof, qui mise aussi sur le DPC et les orientations nationales mises en place dans le cadre de l’article 28 du projet de loi de santé. Elle remettra ainsi à la DGOS un projet d’orientations communes avec le Syndicat national autonome des orthoptistes (SNAO).

 

« Grâce à la formation continue, au développement du DPC et au développement de la formation initiale, nous serons à même de disposer d’un corps de professionnels apte à prendre en charge la population en toutes circonstances. Les solutions que nous proposons contribueront nécessairement à diminuer les files d’attente dans les cabinets d’ophtalmologies », assure la Fnof.