29 / 11 / 2020

Alors que les Journées de la DMLA battent leur plein, la question du traitement de cette pathologie n’est toujours pas réglée.  Le laboratoire Roche s’oppose en effet à l’utilisation de son traitement Avastin, beaucoup moins cher que Lucentis (Novartis), dans le cadre de la RTU (Recommandation temporaire d’utilisation) demandée par l’ANSM.

 

Dans un communiqué, Roche réitère son opposition à la mise en place d’une telle RTU alors que « plusieurs alternatives thérapeutiques dûment autorisées sont disponibles dans la DMLA. » Le laboratoire souligne qu’Avastin a été développé et est approuvé pour traiter certains types de cancer par voie intraveineuse, mais n’est autorisé dans aucun pays au monde pour un usage ophtalmique. Ainsi, « Roche ne saurait assumer la responsabilité de la mise en place et du suivi d’un usage d’Avastin qu’elle ne recommande pas et contraire à son AMM européenne et aux mises en garde figurant dans le RCP (résumé des caractéristiques du produit) », explique le communiqué, qui précise par ailleurs que la forme pharmaceutique actuelle d’Avastin n’est pas adaptée à une administration intravitréenne (absence de conservateur et reconditionnement comportant, entre autres, un risque de contamination bactérienne).

 

Le laboratoire se dit conscient des contraintes budgétaires mais estime qu’aucun compromis ne doit être fait « sur la qualité de l’offre scientifique et médicale ni sur la protection de l’intérêt du patient, tout particulièrement quand des alternatives thérapeutiques autorisées existent. » Il ne s’opposerait pas en revanche à « une éventuelle RTU édictée et mise en œuvre sous la seule responsabilité de l’ANSM, sans intervention de Roche ni aucune nouvelle obligation mise à sa charge, en mettant par exemple la charge de l’exploitation de cette nouvelle forme et nouvelle indication à une tierce partie habilitée par l’ANSM. »