31 / 01 / 2023

La start-up lyonnaise, qui propose des équipements correcteurs low-cost en pharmacie, revendique déjà une cinquantaine de points de vente.

 

Dans une news précédente, nous vous parlions de l’action du Synope contre le principe de la société Otiko, qui propose, via des pharmacies partenaires, des lunettes à partir de 39 euros, jusqu’à 199 euros pour des progressifs aux verres durcis et traités antireflets. Ce 22 juillet, la start-up fait l’objet d’un article dans Le Parisien (qui, sans surprise, glisse au passage que « l’offre d’Otiko est nettement plus compétitive que celle des opticiens traditionnels, où une paire de verres unifocaux est vendue environ 400 €, et des progressifs 600 €. Des tarifs très élevés régulièrement épinglés par la Cour des comptes et par l’association de consommateurs UFC-Que choisir »).

 

Le principe est le suivant : les officines partenaires disposent d’exemplaires d’exposition pour faire essayer les différents modèles (une centaine disponible) à leurs patients. Les mesures sont faites via une application iPad, qui permet aussi de lancer la commande et d’effectuer le paiement (pas de tiers payant possible). L’équipement est livré en moins de 5 jours. Le pharmacien est l’interlocuteur du client en cas de problèmes. Otiko compte à ce jour une cinquantaine de pharmaciens partenaires (la liste n’est cependant pas en accès libre) mais, selon son dirigeant, qui évoque déjà 1000 lunettes achetées, « l’idéal serait d’en avoir un millier, pour couvrir correctement le territoire, et en particulier les zones rurales où il n’y a pas d’opticiens et où vivent des personnes âgées qui se déplacent difficilement. » Un millier de lunettes auraient ainsi déjà trouvé preneurs.

 

Interrogé dans le cadre de cet article, le Synope, qui a adressé un courrier de protestation au ministère de la Santé et alerté le Conseil de l’ordre des pharmaciens pour lui demander de « faire cesser les partenariats avec la société Otiko, constitutifs d’un exercice illégal de la profession d’opticien », rappelle qu’une « pharmacie peut développer une activité de lunetterie mais sous réserve de la présence dans l’officine d’un opticien diplômé ou que le pharmacien soit lui-même diplômé ». Romain Freton, le directeur général d’Otiko, se défend en arguant que, d’une part, certains pharmaciens ont le diplôme d’opticien et que, d’autre part, la loi Hamon, autorise expressément la vente en ligne de verres correcteurs. « Le Synope le sait mais tente à nouveau de s’opposer au développement de la vente en ligne afin de préserver son pré carré. » Romain Freton assure que ses clients ne sont pas ceux des opticiens, mais « des gens qui, faute de moyens, avaient renoncé à s’équiper. » Il souligne que deux opticiens, dans la société, interviennent dans la chaîne de commercialisation des lunettes. « Le pharmacien, lui, n’est qu’un intermédiaire. »