18 / 10 / 2021

La société créée par Marc Simoncini s’apprête à ouvrir un (deux ?) magasin(s) physique(s) et prévoit une communication axée sur la comparaison de ses prix avec ceux des points de vente concurrents. Pour « se blinder » juridiquement, elle a obtenu de la justice le droit de faire établir des constats par des huissiers, qui ont déjà commencé leur travail.

 

Marc Simoncini prépare un « coup » et le fait savoir : depuis une semaine, sur son compte Twitter et la home page de Sensee.com, le fondateur de la société de vente de lunettes et de lentilles en ligne se met en scène, le visage faussement tuméfié (voir photo), avec un éditorial répondant aux attaques dont il fait l’objet depuis 4 ans et rappelant « les marges incroyables » des opticiens. « Chez Sensee ça nous a fait réfléchir et ça nous a permis de comprendre que, si on voulait vraiment changer les choses, on devait tout changer, absolument tout », annonce-t-il façon “teasing”. L’activité du site Sensee est en effet suspendue depuis plusieurs semaines et un petit tour sur le site societe.com nous indique que l’entreprise s’est récemment dotée de deux nouveaux établissements actifs (l’un à Paris, l’autre à Marseille), présentant une activité de « Commerce de détail d’optique » (et non pas de « Vente à distance » comme le siège).

 

« Comparer des caractéristiques objectives et vérifiables »

La requête présentée par Sensee au Tribunal de Grande Instance de Paris (publiée en partie sur les réseaux sociaux) confirme que la société a décidé d’ouvrir une boutique située au 84 rue Rambuteau à Paris et que, dans le cadre de son activité, elle commercialise des produits labellisés Origine France Garantie. Le document précise qu’elle souhaite diffuser une publicité ayant pour objet la comparaison du prix de ses montures OFG avec le prix le moins cher des produits concurrents revêtus du même label : pour cela, Sensee doit s’assurer « qu’elle compare des caractéristiques objectives et vérifiables », afin de prouver si nécessaire (en cas d’éventuel procès) l’exactitude de ce qu’elle annoncera. Sensee a donc demandé au TGI d’ordonner à un huissier de se rendre dans des magasins pour y constater le prix de la monture OFG la moins chère, celui d’une paire de verres unifocaux durcis (sans autre traitement ou option) et celui de l’équipement complet (monture OFG + 2 verres UF durcis).

Le TGI a accepté cette requête, estimant que « les circonstances exposées justifient qu’il soit dérogé à la contradiction. » L’ordonnance, en date du 15 octobre, précise que l’huissier (ou ses collaborateurs) peut prendre toutes les photos des produits qui lui paraîtraient utiles, mais aussi recourir au concours de la force publique en cas de difficultés dans l’accomplissement de la mission (à accomplir dans un délai de deux mois). Selon nos informations, plus de 3 000 points de vente pourraient être concernés par ces constats.

 

« Très choquée »

Une opticienne ayant été « visitée » nous a confié avoir été « très étonnée et très choquée d’un point de vue déontologique. » « Ma première réaction a été de demander à la personne chargée du constat si nous pouvions refuser de répondre à ses demandes. Elle m’a répondu qu’elle pouvait, dans ce cas, revenir avec les forces de l’ordre. Elle a pris les photos des produits, en demandant à ce que les verres soient sous pochette. Elle avait procédé à des constats dans d’autres magasins avant le nôtre et regrettait de n’être pas bien reçue ! », nous a indiqué votre consœur.