30 / 11 / 2022

Dans une récente lettre à ses adhérents diffusée sur les réseaux sociaux, la Fnof (Fédération nationale des opticiens de France) liste entre autres ses actions en cours et à venir contre le système des réseaux de soins.

 

Le syndicat annonce que plusieurs procédures seront lancées dès ce mois de décembre, en lien avec son action devant la Commission européenne qui, rappelons-le, tend à démontrer l’illégalité des transferts de données effectuées dans le cadre des réseaux de soins ou du tiers-payant. « A ce sujet, j’attire votre attention sur les propos de Madame Taubira sur le projet de règlement européen relatif à la protection des données personnelles. Le Gouvernement français, après décision favorable du Conseil des ministres de l’Union, demande que le Parlement européen vote ce texte au cours de cette session pour application début 2016. Ce texte enfonce le clou en renforçant la notion de données de santé, l’étendant notamment au traitement de la maladie », explique Alain Gerbel, président de la Fnof.

En parallèle de ces procédures, la Fédération explique travailler « sur une enquête terrain portant sur les pratiques des Ocam, et notamment sur les délais de paiement et sur la pratique tendant à imposer des tarifs présentés comme des prix marché. Cette enquête est destinée à Bercy, et pourquoi pas à l’Autorité de la Concurrence », avance l’organisation, qui devrait publier les résultats lors de son congrès de début d’année. Par ailleurs, « d’autres initiatives sont dans les cartons. »

 

Mettre fin aux réseaux sous leur forme actuelle

Alors que de nombreuses initiatives locales voient le jour pour dire « non » aux réseaux de soins, Alain Gerbel se dit « content de voir des opticiens se regrouper, se retrouver, discuter entre eux et prendre globalement position contre les réseaux. » Pour le président de la Fnof, « ce réveil tardif de la conscience collective » devra cependant « passer le baptême du feu du prochain appel d’offres Kalivia. » Il rappelle que « la Fnof travaille pour mettre fin aux réseaux sous leur forme actuelle, pas pour les contourner, en tentant de remettre à l’ordre du jour les conventions départementales que nous avons connues dans le passé. Sans parler de ceux encore nombreux qui pensent que l’ouverture des réseaux serait la solution. »

Concernant la généralisation du tiers-payant, le syndicat souligne que, « au moment où tous les professionnels de santé se prononcent contre, certains veulent l’imposer à l’optique. Vous n’en avez pas assez des Ocam ? Vous voulez en plus dépendre de leur bon vouloir, vous soumettre à leurs délais de paiement sans broncher ? La solution passe par le respect de la loi, les Ocam doivent déjà respecter la loi Le Roux. En conclusion, j’espère que les centrales n’utiliseront pas le mécontentement des opticiens comme argument commercial », déclare le syndicat, qui tiendra son assemblée générale extraordinaire ce lundi 14 décembre.