6 / 12 / 2021

Dépistage tardif, augmentation des comportements favorisant la myopie, manque d’information des parents… Un sondage réalisé par Ipsos pour Krys Group souligne les points faibles concernant la vision des enfants en France et montre que l’opticien a un rôle essentiel à jouer.

 

Les jeunes Français sont suivis régulièrement une fois qu’ils ont intégré le parcours de santé visuelle : 88% de ceux qui sont touchés par un problème de vue consultent un ophtalmologiste une fois par an au minimum (deux fois par an pour un petit amétrope sur 5). Cependant, l’âge moyen du dépistage de troubles spécifiques s’établit à 6 ans en moyenne, soit au moment de l’apprentissage de la lecture. « Pourtant, un diagnostic plus précoce et, donc, une prise en charge adaptée augmenteraient les chances de récupération visuelle de façon significative », rappelle Krys Group. En outre, plus d’un tiers (35%) des 4-16 ans sont suivis pour au moins un trouble visuel. Le plus souvent, il s’agit de myopie (15%), d’astigmatisme (15%) et/ou d’hypermétropie (14%).

 

Ecrans et myopie

81% des ophtalmologistes observent une augmentation des cas de myopie chez les enfants et les adolescents, voire d’une forme sévère pour près d’un tiers d’entre eux (28%). Ils évaluent la progression de cette pathologie à 14% sur les 10 dernières années. Cette propagation est particulièrement frappante chez les 13-17 ans (79% des spécialistes le constatent), même chez les enfants dont les parents ne sont pas myopes (selon 70% des praticiens). Pour plus de 8 prescripteurs sur 10, cette hausse de la prévalence est due à la nette diminution du temps passé à l’extérieur associée à un usage excessif des écrans (2h54 par jour en moyenne chez les enfants et adolescents). Plus de la moitié des parents admettent avoir des difficultés à contrôler l’usage d’écrans par leurs enfants ou adolescents et 78% des ophtalmologistes estiment que les comportements préventifs ne sont pas suffisamment adoptés de façon satisfaisante.

 

Consulter l’opticien, un bon réflexe

82% des parents reconnaissent leur manque de connaissances sur les facteurs accroissant le risque ou le niveau de la myopie. Ils sont 69% parmi ceux qui ont un enfant myope. Une grande majorité méconnaît également les conséquences d’une forme sévère de ce trouble à l’âge adulte. Plus de 6 ophtalmologistes sur 10 pointe l’insuffisance de la prévention de la myopie et le manque de connaissance par les parents des signes annonciateurs. Face à ce déficit d’information, l’opticien a un rôle essentiel : il est le 2e professionnel de la vue le plus souvent consulté par les parents pour suivre la santé oculaire de leurs enfants (60%), derrière les ophtalmologistes (96%), mais devant les orthoptistes (39%). De plus, 84% des Français font confiance à leur opticien pour les informer sur les comportements à adopter pour prévenir la myopie ou son aggravation.

« Parviendra-t-on à enrayer l’épidémie de myopie avant qu’il ne soit trop tard comme en Asie ? L’opticien a donc un rôle central à jouer dans la prévention, d’autant qu’il est souvent proche des familles, qu’il peut écouter, conseiller et orienter », conclut Patrice Camacho, directeur Santé et Réglementation de Krys Group.

 

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*Enquête réalisée du 21 juillet au 18 août 2016 auprès, d’une part, de 1 011 parents d’enfants âgés de 4 à 16 ans et, d’autre part, de 200 ophtalmologistes exerçant en milieu libéral, mixte ou hospitalier.