6 / 12 / 2021

Les deux vainqueurs du 1er tour de la primaire de droite n’ont pas oublié la santé dans leur programme respectif. Focus sur leurs propositions susceptibles d’impacter le secteur.

 

Grand favori du 2ème tour de la primaire, François Fillon souhaite réformer le financement de notre système de soins afin d’en assurer la pérennité. Cela passerait entre autres par une redéfinition des rôles respectifs de l’assurance publique et de l’assurance privée : l’AMO serait focalisée sur les affections graves ou de longue durée, tandis que les Ocam se chargeraient de financer le reste. Cette réforme, qui pourrait aboutir à un désengagement de la Sécurité sociale des dépenses d’optique, serait complétée par la création d’une Agence de contrôle et de régulation de l’assurance santé privée, qui est « une délégation de service public qui doit être contrôlée », argumente le candidat. S’il est élu, cette agence « définira un contrat type parfaitement lisible pour les assurances privées avec une variable : le prix ». Et c’est dans son cadre que seront examinées les modalités d’intervention des réseaux de soins, avait expliqué en juin dernier François Fillon, invité à s’exprimer sur ce sujet par l’UFML et l’association d’opticiens O.S.C.A.R. « Je n’accepterai pas que les réseaux de soins puissent aboutir à une remise en cause de la liberté de choix par les assurés de leur médecine et de leur établissement de santé. Je n’accepterai pas davantage qu’ils aboutissent dans les faits à instaurer une médecine à deux vitesses », avait-il alors déclaré. Pour mieux maîtriser les dépenses de santé, l’ancien Premier ministre souhaite en outre revenir sur la généralisation du tiers payant qui va selon lui à l’encontre du principe de responsabilisation. Côté évolution professionnelle, il plaide pour un décloisonnement de l’organisation des soins et le développement de la médecine connectée, afin d’assurer une meilleure coordination entre les différents acteurs du parcours de soins, une réduction des tâches administratives et des délais de paiement. Cela pourrait concrètement prendre la forme, dans notre secteur, de nouvelles délégations de tâches, notamment via la télémédecine. Enfin, le candidat entend faire du secteur de la santé un des fleurons français : il souhaite que le financement des sociétés innovantes du secteur de la santé en France soit renforcé et intégrer la dimension industrielle dans la politique de santé.

 

Alain Juppé centré sur les professionnels

Alain Juppé mise de son côté sur le « rétablissement de la confiance avec les professionnels de santé », effectivement bien entamée par la politique de Marisol Touraine qui suscite une forte désapprobation. Côté remboursement, il veut maintenir la couverture actuelle de l’Assurance maladie, ce qui laisse entendre qu’il ne toucherait pas à la prise en charge de l’optique par la Sécurité sociale, mais implique à son sens plus de responsabilité et de transparence. Cela signifie concrètement une lutte « sans concession » contre la fraude, la fin de la généralisation du tiers payant et l’intensification de toutes les formes de prévention. Alain Juppé n’aborde pas en revanche la question des réseaux de soins. Plaidant pour davantage de coopérations, Alain Juppé désire accompagner et moderniser toutes les professions de santé, y compris les opticiens et les audioprothésistes. « Il faut ouvrir un véritable dialogue fondé sur la confiance, de qualité, en continu avec ces professions afin d’améliorer l’organisation des soins et développer l’interprofessionnalité », explique le candidat. Comme François Fillon, il mise aussi sur l’e-santé et veut « faire de la santé, de ses industries et de sa recherche, le levier d’une nouvelle croissance pour la France, au service de l’emploi ».