30 / 09 / 2022

Pour le Syndicat national des ophtalmologistes de France, le récent décret élargissant les compétences des orthoptistes permettra de déployer plus largement le travail aidé dans les cabinets d’ophtalmologie.  

 

« Ce décret vient en complémentarité du décret du 12 octobre dernier concernant l’opticien-lunetier. Il conforte le rôle de l’orthoptiste, profession paramédicale de soins formée en faculté de médecine, auprès de l’ophtalmologiste », souligne le Snof, qui rappelle avoir désigné ces professionnels « comme ses collaborateurs privilégiés pour les soins au sein de la filière visuelle » pour gérer la pénurie de prescripteurs.

 

Pour Thierry Bour, président du syndicat (en photo), les protocoles organisationnels créés par le nouveau texte sont « une évolution majeure » de la relation entre les médecins ophtalmologistes et les paramédicaux. « Par rapport au fonctionnement protocolaire introduit par la loi HPST en 2009, ils apportent un cadre plus souple pour les professionnels tout en assurant un parcours de soins sécurisé pour le patient. Ils permettent l’intervention des orthoptistes sur une palette nettement plus grande de pathologies ophtalmologiques », explique l’organisation. Alors qu’actuellement, les protocoles de délégation de tâches validés par la HAS concernent environ 200 ophtalmologistes, elle assure qu’avec le nouveau cadre, « ils seront plusieurs milliers à mettre en place rapidement des protocoles organisationnels. La profession va par ailleurs proposer des protocoles types pour faciliter ce déploiement ».

 

Le Snof attend désormais des pouvoirs publics et des organismes d’assurance maladie qu’ils dégagent des moyens financiers pour un déploiement rapide de ces équipes. « Cela est d’autant plus nécessaire que les départs en retraite des médecins ophtalmologistes augmentent, laissant des patients orphelins ; des sommes sont à réaffecter. Toutefois, pour réduire efficacement et durablement les délais d’attente, il est aussi indispensable de combiner cette mesure avec l’augmentation du nombre d’ophtalmologistes formés, encore insuffisant. A la rentrée 2016, le nombre de postes d’internes attribués à notre spécialité a été revu à la baisse avec seulement 152 postes, soit 7 de moins que l’année précédente, alors que la spécialité est très demandée par les étudiants à l’Examen classant national de 6ème année » conclut Thierry Bour.