8 / 08 / 2022

Selon les données recueillies par Les Echos, les cotisations des contrats de complémentaires santé augmenteront de 2 à 5%, notamment en raison d’une « surconsommation en optique ». La Fédération nationale des opticiens de France (Fnof) demande des éléments chiffrés étayant cette accusation.

 

La hausse des prix tournera autour de 2 à 4% pour les contrats individuels et de 3 à 5% pour les contrats collectifs. Des majorations qui, comme le soulignent Les Echos, sont « loin d’être négligeables ». Dans son édition du 7 décembre, le quotidien indique que cette nouvelle inflation des prix de l’assurance-santé reflète l’augmentation tendancielle des dépenses de santé, notamment le passage à 25€ (contre 23€ aujourd’hui) de la consultation chez le généraliste à partir du 1er mai. Les Ocam pointent également du doigt la généralisation de la complémentaire santé d’entreprise qui aurait boosté les achats de lunettes : « Avec la mise en place des contrats collectifs, nous avons fait face à une surconsommation en optique. Il y a eu un effet d’aubaine pour des clients qui étaient moins bien couverts par leurs contrats individuels. Nos ratios techniques se sont dégradés d’environ 2 points », explique dans Les Echos Henry Mathon, directeur général de Prévifrance. D’où l’intérêt des réseaux de soins. Sans ces dispositifs « qui permettent de garantir des prestations en optique, dentaire et audioprothèse à des prix maîtrisés, nous estimons que la hausse de nos tarifs serait de 1 point supérieure », souligne en effet Christophe Scherrer, directeur général adjoint de Malakoff Médéric.

 

« Un peu de transparence ne ferait pas de mal »

Largement repris par la presse, cet article agace la Fnof. « Il faut arrêter de faire croire que l’optique serait responsable de l’augmentation continue des tarifs des complémentaires. L’année n’est pas encore terminée que déjà les organismes complémentaires d’assurance maladie annoncent une surconsommation en optique pour justifier l’augmentation continue de leurs cotisations. On aimerait que les éléments qui leur permettent de faire cette analyse soient communiqués à l’Observatoire des prix et de la prise en charge en optique. Après 3 réunions de cette instance, les trois familles de complémentaires santé refusent toujours de transmettre le moindre chiffre », s’insurge le syndicat dans un communiqué. « On ne peut que s’étonner de ces déclarations dans la presse, alors que sur le terrain on constate au quotidien le mécontentement des assurés : différentiel entre le montant des garanties annoncées et le montant des prestations effectivement versées, refus de prise en charge dans le délai de deux ans suite à des modifications de corrections, baisse des garanties, parcours contraints, entrave au libre choix de son opticien, obligation de transmission des données de santé…. », poursuit la Fnof, en constatant à cette occasion l’échec des réseaux de soins en optique. « Les assureurs doivent aujourd’hui en tirer toutes les conséquences. Ce n’est pas en faisant la politique de l’autruche et en refusant de communiquer leurs chiffres, qu’ils parviendront à duper les pouvoirs publics et les assurés. Un peu de transparence dans le monde de la complémentaire santé ne ferait pas de mal », conclut l’organisation.