10 / 08 / 2022

A l’initiative de la Mutualité française, 5 candidats à l’élection présidentielle ont présenté le 21 février à Paris leurs propositions en matière de santé, dont certaines portent sur l’amélioration de la prise en charge des dépenses d’optique.

 

Le « 100% » fait des adeptes : lancée début par janvier par Emmanuel Macron, la promesse d’une prise en charge intégrale des lunettes a été reprise par François Fillon et Jean-Luc Mélenchon. Le chef de file du mouvement En Marche ambitionne d’atteindre cet objectif d’ici 2022 à l’issue d’un travail commun de la Sécurité sociale et des Ocam, tandis que le candidat de droite vise, aussi d’ici la fin du quinquennat, un reste à charge nul via un nouveau partenariat entre les régimes obligatoires et complémentaires. Il promet par ailleurs une prise en charge intégrale des lunettes par l’Assurance maladie pour les enfants dès 2017. Quant à Jean-Luc Mélenchon, il promet de rembourser à 100% les soins prescrits sans distinction, dont les équipements optiques, par « une Sécurité sociale intégrale » qui signerait la fin des complémentaires santé tel qu’elles existent aujourd’hui.

 

Quel impact sur les tarifs des Ocam ?

La centrale d’opticiens indépendants Supercent (créée par les groupes All et Luz) réagit à ces propositions qui, au-delà de leur financement, appellent selon elle plusieurs remarques. « Alors que l’optique représente un des principaux postes de remboursement des mutuelles, cette prise en charge va-t-elle impacter à la baisse le tarif des mutuelles pour les citoyens ? Quelle sera la somme allouée au remboursement à 100 % et quel impact cette somme aura-t-elle sur la qualité des verres et des montures ? Aujourd’hui pour les moins de 18 ans, la monture de lunettes est remboursée par l’Assurance Maladie à hauteur de 18,29 € et les verres de 7 à 27 € par verre selon le degré de correction nécessaire », souligne Supercent. La centrale estime que « ces mesures pourraient avoir des incidences favorables, en ce qu’elles permettraient à tous les citoyens de s’équiper en lunettes à minima, sous réserve que la liberté de choix reste entière pour chacun ». Elle souligne cependant que les opticiens indépendants « doivent toujours être en capacité de proposer une large gamme de produits répondant aux meilleurs critères de qualité », ce qui « est la condition sine qua non pour maintenir une filière optique dynamique et créative, au service de la santé visuelle des Français et pour continuer à soutenir le made in France ».