8 / 08 / 2022

(Actualisation : En 2018, la famille Abittan, actionnaire d’Acuitis, a racheté la filiale française du groupe néerlandais Hans Anders et l’enseigne Direct Optic, spécialiste du e-commerce en optique, qui possède également son propre réseau de magasins. Depuis, les deux sociétés se sont réunies sous l’enseigne Direct Optic.)

 

« 60 millions de consommateurs » publie ce 22 mars un nouveau dossier à charge contre notre secteur, dénonçant « les pratiques peu recommandables de bon nombre d’opticiens ». Suite à une enquête réalisée dans une centaine de points de vente par des clients mystère, le magazine établit un classement qui distingue les enseignes ayant opté pour un positionnement prix bas.

 

Moins d’une semaine après l’UFC-Que Choisir, « 60 millions de consommateurs » relance la polémique sur l’optique avec, dans son numéro d’avril, un dossier de cinq pages pointant encore du doigt l’opacité des prix. Après avoir analysé 200 devis réalisés dans 100 magasins, le magazine constate que « l’information éclairée du consommateur fait souvent défaut. Pour une même demande, les tarifs indiqués sur les devis varient parfois du simple au triple d’un opticien à un autre, y compris quand les professionnels sont abrités sous le même nom d’enseigne ». Si, globalement, les clients mystère sont « ressortis satisfaits » de leur visite en matière de conseil (la plupart des opticiens leur ont proposé différentes gammes de verres et de traitements), ils ont regretté, selon l’article, le flou qui entoure les offres promotionnelles et les remises proposées, avec un « décalage entre les propos tenus et les informations inscrites sur les devis ».

 

60 millions veut comparer l’incomparable

Pour une offre avec une monture Ray-Ban et des verres progressifs (les clients mystère présentaient des défauts visuels comparables), les prix proposés varient ainsi de 259 à plus de 1100€. Le magazine ne précise pas, cependant, les modèles de montures concernés qui, au sein d’une même marque, peuvent être bien évidemment très différents en termes de qualité, de finition et donc de coût. Dans le même esprit, « 60 millions » n’a pas noté les enseignes selon le type de verres proposé, estimant étrangement qu’il « reste à démontrer que des verres vendus comme plus haut de gamme confèrent un meilleur confort visuel que des verres présentés comme plus basiques ». L’expert a pénalisé les magasins quand ils proposaient un amincissement « non pertinent » et noté favorablement les offres incluant des traitements antireflets ou anti-UV. « Nous avons constaté qu’Hans Anders et Optical Center se distinguent de leurs concurrents en proposant le plus souvent des traitements antireflets de qualité moyenne ou supérieure », constate le dossier. Les clients mystère ont par ailleurs demandé un devis pour une offre économique de base : les tarifs pour un équipement complet varient ici de 63 à 706 €. En outre, un quart de ces offres ne mentionnait pas d’indications sur les références des verres et des montures, ce qui a empêché l’expert d’évaluer leur pertinence. « À croire que tout est fait pour que le client choisisse l’offre la mieux détaillée sur le devis, donc l’offre personnalisée avec une monture Ray-Ban… », estime le magazine.

 

Tous critères confondus (conseil, prix de l’offre avec monture Ray-Ban, prix de l’offre économique, qualité des devis…), ce sont ainsi les enseignes Hans Anders et Optical Center qui obtiennent la meilleure note de 13/20. Elles sont suivies par Générale d’Optique et Atol, ex-aequo avec 12,5/20.