24 / 09 / 2020

Le contenu du futur devis optique, connu depuis quelques jours, suscite des réactions contradictoires.

 

Par la voix du Gifo (Groupement des industriels et fabricants de l’optique), les fabricants « saluent une démarche qui vise à sécuriser les conditions de vente des dispositifs médicaux qu’ils conçoivent et à améliorer la qualité de l’information accessible par le consommateur. Ils se félicitent également de la reconnaissance du rôle essentiel de l’opticien par la valorisation dissociée de sa prestation ». Ces textes offrent selon eux « l’opportunité de tordre définitivement le cou au grief récurrent d’un supposé manque de transparence de la filière ». Le Gifo se félicite par ailleurs de la prise en compte de plusieurs de ses propositions, notamment le délai supplémentaire de mise en œuvre (fixé au 1er janvier 2018) afin de laisser le temps aux entreprises d’assurer les développements informatiques nécessaires et la remise au consommateur du certificat émis par le fabricant ou de toute information lui permettant de vérifier l’origine et les caractéristiques essentielles des produits. Dans les prochains mois, le Gifo restera cependant attentif à ce que la valorisation de la prestation de l’opticien n’aboutisse pas, à service constant, à une augmentation du reste à charge des assurés. « En permettant de sortir de la dangereuse illusion de la ‘vente en l’état’, en desserrant le corset de l’uniformité d’exercice et en renforçant les possibilités futures de différenciation, la mise en œuvre de ces dispositions donne l’opportunité à la profession, si elle s’en saisit, d’évoluer par le haut, d’améliorer son service à la population et lui laisse augurer un rôle croissant », commente son président Ludovic Mathieu.

 

Trois syndicats veulent revenir sur le texte

Le Snor (Syndicat national des opticiens réunis), le Synom (Syndicat national des centres d’optique mutualistes) et l’UDO (Union des opticiens) affichent en revanche leur désapprobation. Dans un communiqué commun, les trois organisations dénoncent le risque de complexification et d’augmentation du reste à charge que représente le futur devis normalisé. « En effet, en l’état actuel de la codification des soins en France, aucune « prestation optique » n’existe. Si nous ne pouvons qu’être favorable à ce que les prestations optiques que réalise l’opticien soient enfin reconnues et valorisées, il ne faut pas que cela soit au détriment du porteur or, en l’état, cette individualisation tarifaire, va augmenter systématiquement le reste à charge du patient qui ne pourra prétendre à aucun remboursement de ces prestations auprès de la sécurité sociale ou de sa complémentaire santé », expliquent-elles. Ces syndicats pointent également du doigt une « illisibilité accrue » qui va à l’inverse de la transparence recherchée et une complexité administrative majeure pour les opticiens. De concert, ils estiment donc que le devis normalisé prévu par le récent arrêté est « inapplicable en l’état » et « se tiennent à la disposition de la nouvelle équipe gouvernementale afin de reprendre le travail dans un cadre concerté, dans l’intérêt des porteurs et dans l’esprit du texte d’origine ».