24 / 09 / 2020

Le rapport 2017 de la Drees montre que les trois quarts des Français de plus de 15 ans ont des troubles de la vision. L’accès à une correction suffisante est fortement corrélé à la catégorie socio-professionnelle.

 

Le rapport sur la santé de la population en France piloté compile les chiffres établis par de nombreux organismes (Direction générale de la santé, Agence de biomédecine etc.). Il a été coordonné pour la première fois avec la nouvelle agence nationale Santé Publique France. Les données du chapitre « Atteintes de la vision » ont été réunies par la Drees et l’Institut de recherche et documentation en économie de la santé (Irdes) : elles proviennent de questionnaires déclaratifs réalisés en 2014, qui n’ont pas été croisés avec des examens médicaux… Elles sont donc à considérer avec retenue.

 

73 % des plus de 15 ans déclarent des troubles de la vision, ce chiffre atteignant 95 % chez les 55 ans et plus. L’écart de 15 points entre les femmes, plus souvent atteintes, et les hommes se réduit avec l’âge (moins de 5 points de différence après 55 ans). Elles sont plus souvent mal corrigées (30 % contre 27 %) quel que soit l’âge considéré. Globalement, 6 % des personnes déclarant un trouble de la vue disent ne pas avoir de correction, mais cela ne concerne plus que 3 % des répondants passé 55 ans. Des différences nettes apparaissent dans l’accès à une correction adaptée en fonction de la catégorie socio-professionnelle et du niveau d’études. Les personnes sans diplôme ont la proportion la plus importante de déficit visuel non (10 %) ou mal corrigé (33 %), par opposition aux Bac+2 : 5 % n’ont pas de correction, 22 % en ont une insuffisante. Et si la prévalence des troubles de la vision est plus élevée chez les cadres (79 % le déclarent), seuls 4 % d’entre eux ne portent ni lunettes ni lentilles (21 % sont mal corrigés). Les ouvriers, qui expriment moins souvent cette difficulté (58 %), sont près de 9 % à ne pas avoir de correction et plus de 25 % à en avoir une inadaptée.