15 / 04 / 2021

A la suite de la publication du rapport de l’Igas sur les réseaux de soins, le Rassemblement des opticiens de France, le Syndicat national des opticiens réunis et l’Union des opticiens prennent conjointement la parole pour demander aux pouvoirs publics une régulation de ces dispositifs.

 

Les trois organisations professionnelles saluent la sortie du rapport de l’Igas, déclarant au passage que les trois ans de retard pris depuis la loi le Roux étaient « inacceptables ». Concernant le contenu du document, elles se réjouissent que celui-ci « confirme leurs analyses et celles des opticiens » quant aux dysfonctionnements et aux manquements des réseaux de soins. Cependant, ces syndicats regrettent que l’Igas « n’en ait pas tiré toutes les conclusions en appelant à une réforme du rôle et du fonctionnement des réseaux de soins. Ce sera, à présent, de la responsabilité du gouvernement et des parlementaires d’instaurer une régulation fondée sur la coopération avec les professionnels de santé et motivée par l’intérêt général ».

 

La santé au second plan

Dans leur communiqué, le Rof, le Snor et l’UDO constatent notamment que le rapport n’apporte pas d’éléments concluant à un meilleur accès aux soins pour les usagers, à une gestion du risque optimisée pour les Ocam ou à une gestion régulée des données de santé. Il souligne en outre le flou entretenu autour des objectifs poursuivis par les réseaux de soins et les Ocam : « La recherche de performance économique relègue l’amélioration de la santé des assurés au second plan. L’étude des conventions passées entre des opticiens et des réseaux l’atteste : leur ossature est basée sur des critères quantitatifs tels que le respect du catalogue de verres référencés ou la grille tarifaire. » Les trois organisations relèvent par ailleurs que les réseaux de soins ne bénéficieraient pas aux personnes les plus éloignées des soins et renforcent les inégalités, en déplaçant, voire en accroissant l’asymétrie d’information en santé.

 

Pour un débat public

Les trois organisations soutiennent aussi fortement la recommandation des auteurs du rapport d’améliorer la sécurité des données à caractère personnel et médical collectées par les réseaux de soins. Elles insistent sur la mise en exergue des « très fortes contraintes exercées par les réseaux sur les professionnels de santé, sans que celles-ci ne poursuivent un objectif de santé publique ». « Comme le souligne le rapport, cette contrainte a aussi été permise par des contre-pouvoirs syndicaux faibles et divisés », constatent le Rof, le Snor et l’UDO, qui appellent tous les opticiens de France à les rejoindre « dans le projet d’une organisation représentative unifiée, seule à même de s’ériger en interlocuteur fort et redouté par les plateformes de gestion et les Ocam ». Les trois syndicats appellent dès à présent à un débat public et à un encadrement de ces dispositifs « dans l’intérêt de la santé visuelle de tous ».