2 / 12 / 2022

Vendredi 9 mars, les organisations professionnelles du secteur de l’optique ont été reçues par la Direction de la Sécurité Sociale (DSS) dans le cadre de la future réforme du reste à charge zéro. Suite à cette rencontre, le Rassemblement des opticiens de France (Rof), la Fédération nationale des opticiens de France (Fnof) et le Groupement des industriels et fabricants de l’optique (Gifo) expriment de vives inquiétudes, notamment quant à l’absence de concertation.  

 

« Cette réunion devait permettre de découvrir ‘les réflexions et orientations’ de la DSS quant au RAC 0, nourries des propositions adressées par le Rof, la Fnof et le Gifo fin janvier 2018. Elle s’est limitée à la présentation d’une révision de la nomenclature de la liste des produits et prestations (LPP) », regrettent les trois organisations. Elles soulignent que, si la mise en place du RAC 0 pourrait nécessiter une réforme de la nomenclature, celle-ci ne pourra être travaillée qu’une fois les orientations de la DSS partagées : « En outre, cette refonte de la nomenclature, qui impactera profondément la profession d’opticien-lunetier, nécessite d’être étudiée et discutée. Le délai de deux semaines laissé par la DSS n’est donc pas acceptable. »

 

La Fnof, le Rof et le Gifo déclarent avoir fait part de leurs inquiétudes et de leur mécontentement à la ministre de la Santé, mais aussi de leur « volonté sincère de travailler ensemble ». Ils ont demandé à la rencontrer afin d’appréhender clairement les tenants et aboutissants de cette réforme, ainsi que les enjeux globaux pour la filière : en termes d’organisation, formation, qualité des soins, mais aussi d’évaluation de ses impacts sanitaires, sociaux et économiques. « La réforme du RAC 0 doit être co-construite dans un esprit de transparence, en association avec les opticiens-lunetiers et les fabricants. Des propositions détaillées ont été travaillées et adressées à la DSS. Les organisations professionnelles demandent à ce qu’elles fassent l’objet d’un débat constructif et contradictoire. »

 

Des courriers pour alerter les élus

Selon nos informations, le projet mis au point par le gouvernement prévoit qu’un équipement RAC 0 ne pourra être remboursé que tous les 3 ans. La prise en charge serait subordonnée à l’acceptation de l’offre RAC 0, ce qui signifierait qu’il n’y aurait pas de remboursement si le client choisi des lunettes avec un reste à charge. Par ailleurs, pour proposer l’offre RAC 0, les opticiens devront obtenir une certification. Ces perspectives suscitent un tollé sur les réseaux sociaux, où nombre d’opticiens invitent leurs confrères et tous les acteurs de la filière à alerter les députés et sénateurs de leur région. Deux modèles de courriers à envoyer aux élus y sont proposés, notamment sur la page Facebook des Opticiens Lunetiers Unis. « Les opticiens ont subi, depuis plusieurs mois, un bombardement médiatique d’une violence sans précédent. Nous comprenons maintenant qu’il s’agissait d’une préparation mentale de l’opinion publique, pour faire accepter des mesures qui sont totalement inacceptables. Cotiser à un système, en sachant pertinemment, que l’assuré qui souhaite garder sa liberté n’en bénéficiera pas s’apparente plus à une punition financière qu’à une assurance santé », dénonce l’un d’eux.