7 / 08 / 2020

A l’issue d’une nouvelle réunion de concertation le 25 mai, la Fnof (Fédération nationale des opticiens de France) pronostique d’importants changements à venir sur le projet RAC 0 en optique. De son côté, le Rof (Rassemblement des opticiens de France) déplore toujours « l’absence d’avancées pour garantir la santé visuelle des Français ».

 

Selon Alain Gerbel, président de la Fnof, le texte n’est certes « pas satisfaisant » mais devrait être « profondément modifié », notamment grâce à la forte mobilisation de très nombreux élus de tous bords sollicités par les opticiens. D’après lui, environ 400 rencontres avec des députés et des sénateurs ont en effet eu lieu en l’espace de 2 mois. Il faut cependant s’attendre à ce que la réforme du RAC 0 provoque une chute du chiffre d’affaires des magasins d’optique et, de fait, une restructuration du marché. Au-delà du RAC 0, Alain Gerbel s’attache ainsi aux autres chantiers qui entourent ce projet (avenir de la filière de santé visuelle, réingénierie de la formation, devis normalisé) et qui pourraient déboucher sur de nouveaux modes de rémunération des opticiens.

 

De son côté, le Rof « regrette le choix de la DSS de durcir les conditions d’accès aux soins visuels pour les Français ». Il pointe toujours du doigt différentes dispositions du projet : « Imposer la péremption de l’ordonnance quand celle-ci n’a pas été exécutée au bout d’un an, empêchant l’opticien de contrôler et adapter si besoin cette ordonnance pendant 3 ou 5 ans et de libérer du temps médical au médecin prescripteur ; empêcher les Français, sans aucune étude ni évaluation préalables, d’être remboursé avant 2 ans, sauf en cas d’une perte d’acuité visuelle d’au moins 5/10ème, seuil limite qui permet la conduite une voiture par exemple ; la possibilité de panacher des produits RAC 0 avec des produits à prix libre est une mesure anti-sociale : les porteurs choisissant un reste à charge sur la monture, donc en capacité de payer, bénéficieront de la solidarité nationale pour financer leurs verres. Cet effort de l’Etat devrait être fléché en priorité vers ceux qui ne peuvent pas subir le moindre reste à charge. » Le Rof estime enfin que la baisse annoncée du montant de remboursement de la monture pour tous les équipements vendus en dehors de l’offre RAC 0 va nécessairement majorer le reste à charge de l’ensemble des Français : « L’actuel projet de réforme aura donc comme conséquences pour les Français les plus modestes une baisse des remboursements combinée à une hausse de la cotisation mutuelle, un accès à des équipements dont la performance visuelle sera dégradée et un accès aux soins rendu encore plus difficile et préoccupant qu’il ne l’est déjà. »

 

Si la réunion du 25 mai était officiellement la dernière, d’autres devraient se tenir dans les prochains jours. Les discussions menées par la DSS prendront « peut-être quelques semaines de plus », a en effet indiqué Nicolas Revel, directeur de l’Assurance maladie, lors d’une rencontre organisée le 25 mai par l’Association des journalistes de l’information sociale. Il a cependant assuré que ces chantiers ne dureraient « pas quelques mois de plus ».