19 / 09 / 2018

Lors de la traditionnelle Soirée des Partenaires Santéclair, qui s’est déroulée le 14 juin à Paris, la directrice de la plateforme a vivement critiqué la réforme du reste à charge zéro, qui poussera les réseaux de soins à faire évoluer leurs missions.

 

Le projet RAC 0 initial relevait, selon Marianne Binst, de « l’Union soviétique », avec une administration excessive des prix, des remboursements ou encore de la fréquence de renouvellement des équipements. S’il s’est « un peu assoupli », il reste cependant à ses yeux non pertinent au regard de son objectif premier de faciliter l’accès aux soins. La directrice de Santéclair estime par exemple que les paniers de soins décidés sont trop élevés. En optique, elle dénonce, entre autres, la présence systématique d’un antireflets sur les verres de l’offre « 100 % Santé » ou des « niveaux d’amincis inédits, comme si l’accès à la vision était synonyme de verre extrêmement amincis ». Elle regrette par ailleurs que la réforme ait, pour corollaire, la baisse du plafond de remboursement sur les montures, de 150 à 100 € : « Il va falloir expliquer aux salariés qu’au nom du RAC 0, ils auront 50 euros de reste à charge », ironise-t-elle. Concernant l’audioprothèse, Marianne Binst estime que des appareils à 6 canaux auraient été suffisants pour l’offre sans reste à charge qui, pour rappel, prévoit des appareils à 12 canaux : « on va sortir du marché toutes les prothèses auditives dites entrée de gamme qui pourtant ont donné satisfaction ». De manière générale, elle estime que « faire du RAC 0 sans dire combien ça va coûter aux Français, c’est du populisme. On ne peut pas dépenser 1 milliard d’euros sans que personne ne paye. Que ce soit la Sécu ou les complémentaires santé, ce sera toujours finalement les Français qui vont payer ».

 

« Ce que nous faisons, l’Etat ne peut pas le faire »

Pour autant, cette réforme ne remet pas en cause, selon Santéclair, le rôle des réseaux de soins : « Nous allons continuer à travailler et aurons de nouvelles opportunités : faire en sorte que le panier RAC 0 soit le plus qualitatif possible et que le panier libre soit d’un bon rapport qualité-prix. » La plateforme va être amenée à se recentrer sur des clients qui ont des exigences moyennes à haut de gamme : « Cela va nous permettre de continuer à travailler sur la qualité et l’évaluation de la performance. » En optique, où le prix maximum de la monture du panier RAC 0 sera de 30 euros, Marianne Binst invite par ailleurs les opticiens à réfléchir, avec les réseaux de soins, aux moyens de maintenir une production nationale qui risque d’être pénalisée. Pour accompagner cette évolution Santéclair fait évoluer son image. La base line « information et réseaux de soins » devient « Mon repère santé », « parce que notre vrai métier est d’apporter au client final des repères pour faire un choix éclairé ». La plateforme travaille désormais, au-delà du prix, sur deux autres axes : la qualité et les opportunités. L’idée est de définir « le bon moment pour aller sur le bon soin, il y a encore trop peu d’outils en ce sens et cela va beaucoup nous occuper », déclare la directrice de Santéclair. « Nous sommes un outil d’ajustement microéconomique, avec une connaissance fine des besoins et de la rentabilité selon les métiers et leurs segments. Ce que nous faisons, l’Etat ne peut pas le faire. Nous sommes également un outil d’individualisation des parcours, car tout le monde n’a pas les mêmes besoins, ainsi qu’un outil d’innovation », conclut Marianne Binst.

 

Les chiffres 2017 des réseaux optique et audio Santéclair

 

En 2017, 980 000 équipements optiques (lunettes ou lentilles) ont été délivrés dans le cadre du réseau Santéclair (qui espère franchir en 2018 le cap du million), dont 44,2 % avec des verres progressifs (+1,6 points vs. 2016). Cela représente un CA de 344 millions d’euros pour les opticiens partenaires, soit 117 k€ en moyenne par magasin ayant été partenaire toute l’année. Le panier moyen d’une paire de lunettes (montures + verres) a été en 2017 de 384 € (+3 % vs. 2016), la monture affichant un prix moyen de 137 € (stable).

 

En audioprothèse, 17 200 personnes ont été équipées dans le cadre du réseau, dont 80 % en binaural. Au total, cela représente 31 000 appareils et un CA de 35 millions d’euros (en hausse de 17 % par rapport à 2016), soit 46 k€ en moyenne pour chaque partenaire audioprothésiste (+12 %). Au sein du réseau Santéclair, le prix moyen d’un appareil est de 1 128 €.

 

En dehors des réseaux, Santéclair a par ailleurs traité 340 000 devis (demandes d’informations) et enregistré 1,25 million de connexions sur ses applications visant à aider le patient à s’orienter (automédication, recherche d’établissements hospitaliers, etc.).