22 / 09 / 2018

En cette période de rentrée scolaire, l’Asnav (Association nationale pour l’amélioration de la vue) communique généralement sur l’importance de faire régulièrement contrôler la vue des enfants. Cette année, elle souhaite aller plus loin en lançant un débat sur l’avenir de la prévention en milieu scolaire.

 

Retour en arrière. Lors de son discours à la Mutualité, en juin dernier, Emmanuel Macron s’est déclaré en faveur du renforcement de la prévention chez les plus jeunes. Dans ce cadre, il a annoncé l’instauration de trois nouvelles consultations de dépistages visuels des enfants, réalisées par le médecin scolaire ou le médecin traitant. Reste la question de la faisabilité. Pour l’Asnav : « Les médecins généralistes, débordés dans certaines zones, absents dans d’autres, ne peuvent plus assumer de mission autre que curative. Quant à la médecine scolaire, elle se trouve en situation très délicate. Dans un rapport publié en octobre 2017, l’Académie de Médecine dénonçait la diminution constante des effectifs de médecins de l’éducation nationale qui sont passés de 1 400 en 2006 à 1 000 en 2016. L’une des conséquences de ce manque d’effectifs concerne particulièrement la visite médicale “obligatoire” effectuée à l’âge de 6 ans. Selon les chiffres de l’éducation nationale, seuls 71 % des enfants en bénéficieraient mais en réalité, pour l’Académie de Médecine, les chiffres varient de 0 à 90 % selon les départements ! »

Dans ce même discours du mois de juin, le président de la République rappelait que « la capacité à être équipé de lunettes est l’une des premières causes du mauvais apprentissage et de l’illettrisme en fin de primaire ». En réponse, l’Asnav rappelle que depuis plus de 30 ans, elle « attire l’attention des pouvoirs publics sur ce sujet sans toujours être entendue et se réjouit aujourd’hui que ce constat soit établi par le président de la République lui-même ». Si pour l’heure, rien n’a été annoncé concrètement à ce sujet par l’Elysée ou le ministère de la Santé, l’Asnav précise que « quelles que soient les mesures qui seront prises pour renforcer la prévention des troubles de la vision des enfants, [l’association], et l’ensemble des professionnels de la vue qu’elle représente, est prête à s’engager dans cette mission de santé publique ».