25 / 06 / 2019

Très attendu par le secteur médical, le Plan santé a été détaillé mardi par le président de la République. Parmi les mesures phares : la création de postes d’assistants médicaux et la suppression du numerus clausus. Deux mesures auxquelles le Snof, syndicat national des ophtalmologistes, se dit « favorable ».

 

Pour le Snof, la création de postes d’assistants médicaux « va permettre de recentrer le médecin sur son cœur de métier : le diagnostic médical et la thérapeutique. Les ophtalmologistes ont innové et pratiquent déjà la délégation de tâches depuis plus de quinze ans, majoritairement avec des orthoptistes. Aujourd’hui, 60% des ophtalmologistes ont recours au travail aidé et le nombre de patients vus grâce à cette organisation a augmenté de 26% selon la CNAM ».

Sur ce point, Thierry Bour, président du Snof, ajoute que le syndicat a été le premier « en 2006 à préconiser les assistants de cabinet. Cette organisation porte déjà ses fruits et s’est même exportée dans d’autres pays comme la Belgique ! Nous sommes convaincus qu’elle prouvera son efficacité pour d’autres spécialités médicales et nous sommes prêts à partager notre expertise tant sur l’organisation que sur le financement avec celles qui souhaiteront s’organiser ainsi ».

 

Concernant la suppression du numerus clausus, le Snof rappelle que pour faire face aux délais d’attente, la délégation de tâches doit être associée à une « forte augmentation du nombre d’étudiants formés en ophtalmologie. Le SNOF estime les besoins à 240 postes par an pour faire face à la situation, alors qu’en 2018, la spécialité en a obtenu seulement 155 ».

« La suppression du numerus clausus est une bonne chose, car elle ouvre des perspectives intéressantes pour la formation dans les spécialités en pénurie, comme l’ophtalmologie. Elle est une des spécialités où les besoins en postes formateurs sont les plus importants et c’est aussi la spécialité la plus demandée par les étudiants. Cette année encore, c’est la première à avoir été choisie. Les modalités d’application pour le 3e cycle, qui ne sont pas encore définies, devront permettre de tenir compte des besoins des Français et des souhaits des étudiants. Je ne vois pas ce que cela apporte d’empêcher les étudiants français bien classés à l’E.C.N. de devenir ophtalmologistes, à part faire fuir nos talents qui n’hésitent pas à s’expatrier pour suivre leur vocation. Nous sommes en train de dépeupler en médecins des pays qui en ont grand besoin pour combler nos propres lacunes », ajoute Thierry Bour.