16 / 11 / 2018

Invitée hier soir de l’émission Audition publique sur la chaîne Public Sénat, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn s’est montrée rassurante sur les conséquences de la mise en place du Rac 0, notamment concernant la possible augmentation des cotisations des contrats d’assurance santé et les répercussions sur la filière lunetière française.

 

Répondant à une question d’Elisabeth Doineau, sénatrice Union centriste de la Mayenne au sujet du Rac 0, Agnès Buzyn a rappelé que la non répercussion de la réforme sur les cotisations « faisait partie du deal ».

« Je ne peux pas être 100 % sûre qu’aucun contrat ne va évoluer. Par contre, sur la globalité, les mutuelles et les assureurs se sont engagés à ne pas répercuter le coût du reste à charge 0.

Ils se sont engagés parce qu’on a négocié sur le prix de toute la filière, donc on a demandé à chacun de faire des efforts, aux opticiens, aux producteurs et donc chacun fait une partie du chemin pour permettre aux Français d’être équipés. Ensuite, l’Assurance-maladie prend les trois quarts du coût. Sur le milliard d’économie pour les Français, 750 millions d’euros vont être directement payés par la Sécurité sociale et donc, les mutuelles et les assureurs, 250 millions, à mettre au regard des 37 milliards de leur budget, soit 0,14 %. Vous comprenez bien que c’est absorbable par une meilleure gestion et par peut-être d’autres soins qui pourraient ne pas être aussi bien remboursés, mais nous considérons que ces soins-là sont indispensables à la santé des Français. […] Elles (les mutuelles) se sont engagées et j’ai confiance. »

 

Concernant la filière lunetière française, à laquelle la ministre reconnaît « un savoir-faire extraordinaire », elle s’est voulue rassurante :  dès le départ, « je voulais être certaine que nous ne pénalisions pas nos lunetiers français. Il se trouve que nos lunetiers français font des lunettes de très haute gamme, de très bonne qualité qui en fait ne rentrent pas de facto ou probablement pas dans le reste à charge 0. D’autre part, je crois que la majorité de leur production part à l’étranger donc en réalité, ils seront assez peu impactés. Mais c’est du haut de gamme, donc je rappelle que le reste à charge 0 s’adresse quand même à un public qui a vraiment besoin de ne pas du tout dépenser de sa poche. On pense qu’à peu près 15 à 20 % de la population va y avoir recours, la population la plus précaire, mais évidemment les complémentaires vont continuer de couvrir une bonne partie des lunettes plus chères parce qu’on peut imaginer que des gens aient envie d’avoir plus de choix et là évidemment ces lunetiers-là ne seront pas impactés. Le libre choix persistera et nous avons été très attentifs à cette filière. Donc on peut les rassurer, ils ont fait partie de nos préoccupations. »