24 / 07 / 2019

Une étude menée par FlexyCall pour l’Association des optométristes de France dresse le bilan national de l’accès aux ophtalmologistes et met en lumière les difficultés des porteurs en quête d’une ordonnance.

 

L’enquête a été menée auprès d’un échantillon de 3 873 ophtalmologistes français extrait du répertoire Ameli comprenant 4 839 contacts. Il s’agit d’ophtalmologistes qui exercent une activité libérale ou en centre de santé. Selon ses résultats, il est impossible d’obtenir un rendez-vous chez presque 60 % des prescripteurs. Parmi les causes citées : le secrétariat est simplement injoignable (50,55 %), l’ophtalmologiste refuse de prendre de nouveaux patients (16,29 %) ou il ne s’occupe pas de la prescription de lunettes (11,01 %).

« S’il est tout à fait compréhensible qu’un nombre croissant d’ophtalmologistes choisissent de se concentrer sur la pathologie, qui est leur cœur de métier, rappelons qu’ils sont actuellement les seuls prescripteurs d’équipements optiques. Il s’agit ici d’un enjeu majeur de santé publique qui doit alerter sur la capacité de notre système de santé à donner accès à tous aux prescriptions optiques », commente l’AOF. Le syndicat souligne en outre que plus de 80 % des ophtalmologistes qui ont pu être contactés ne proposent aucune solution et que seul 0,19 % des ophtalmologistes ont orienté l’appelant vers un opticien dans le cadre du renouvellement avec adaptation de la prescription, alors que le patient était éligible à cette alternative. « Cette mesure existe pourtant depuis une dizaine d’années ! Les opticiens étant législativement limités dans leur capacité à communiquer sur leurs compétences en bilan visuel, il est indispensable que les ophtalmologistes mettent en avant cette possibilité pour diminuer les délais d’attente », explique l’AOF.

 

L’étude montre que lorsqu’il est possible de prendre un rendez-vous, le délai moyen est de 79 jours (27,58 % des ophtalmologistes proposent un rendez-vous dans un délai inférieur à 3 mois, 7,99 % dans un délai compris entre 3 à 6 mois et 4,77 % dans un délai supérieur à 6 mois). Si cette moyenne est stable (-1 jour), elle est à mettre en relation avec le taux de refus, qui lui, est en nette augmentation. « Nous constatons que l’offre en ophtalmologie s’est concentrée dans des cabinets travaillant avec des orthoptistes et des optométristes en consultation aidée. Cette solution n’offre qu’une solution limitée, puisqu’elle n’améliore pas la couverture territoriale nécessaire à l’éradication des déserts médicaux, et a pour conséquence une augmentation des honoraires des ophtalmologistes », relève le syndicat.

Dans ce contexte, son président Yannick Dyant rappelle qu’en France, plusieurs milliers d’optométristes sont prêts à exercer : « La filière de soins visuels a besoin de leurs compétences. De plus les formations étant délivrées par l’état français, il n’est pas acceptable que des centaines de jeunes diplômés soient voués à l’expatriation ou à des subterfuges variés permettant leur exercice sous des montages divers, notamment au sein des cabinets d’ophtalmologie. L’optométriste est le premier prescripteur d’équipement optique dans le monde, reconnu par l’OMS. »