21 / 09 / 2019

Dans une interview accordée au Parisien – Aujourd’hui en France, Thierry Beaudet, président de la Mutualité française, revient sur l’augmentation des tarifs des complémentaires santé et annonce un accord sur la lisibilité des contrats.

 

Dans cet entretien publié le 12 février, Thierry Beaudet cite une étude réalisée sur un échantillon représentatif de 14 millions d’adhérents aux mutuelles. « Elle conclut qu’en moyenne, pour 2019, la hausse des cotisations n’est que de 1,8 % ! », affirme le président de la Mutualité, en précisant que, de manière générale, les hausses suivent l’évolution de la consommation de soins. « Entre 2006 et 2017, alors que nos remboursements ont progressé de 38 %, les cotisations ont augmenté de 40 %, soit 3 % par an. Sans compter le passage des taxes de 2,5 % à 13,27 %. La santé est plus taxée que le hamburger ! Si on ne veut plus de hausses, qu’on cesse de nous transférer des charges », déclare-t-il.

 

Alors que de nombreux observateurs pronostiquent une hausse des cotisations corrélée à la mise en œuvre du RAC 0, Thierry Beaudet se veut rassurant tout en lançant un avertissement au gouvernement : « Si aucune charge nouvelle n’est votée d’ici là, nous devrions pouvoir absorber son surcoût. Mais si de nouvelles dépenses nous sont imposées, nous les répercuterons. Et nous n’éviterons pas la hausse « mécanique » habituelle de 2,5 à 3 %, puisque les dépenses de l’Assurance maladie, dont nous dépendons, vont encore progresser. » Le président de la Mutualité française annonce en outre la présentation, le 14 février, d’un accord sur la lisibilité des contrats que les Ocam espère voir valider par la ministre Agnès Buzyn. « L’idée, c’est de présenter un tableau des garanties selon un rubriquage commun à toutes les complémentaires : soins de ville, dentaire, etc. À côté, on donnera – en euros – le montant pris en charge pour une quinzaine d’exemples significatifs : lunettes, prothèses… Les usagers pourront ainsi comparer les offres », explique-t-il.

 

Enfin, Thierry Beaudet réitère son opposition au projet du gouvernement de faciliter la résiliation des contrats des complémentaires santé pour faire baisser leur coût. Il estime que cela risquerait de créer des mutuelles à deux vitesses : « Celles, plus compétitives, dont bénéficieront les gens les plus mobiles, et celles de ceux qui ne savent pas faire. Souvent les plus modestes, qui continueront eux à payer le prix fort. Ce projet est une trappe à pauvreté. »