23 / 05 / 2019

Depuis plusieurs mois, une crise de gouvernance agite le nouveau géant de l’optique, EssiloLuxottica. Selon nos confrères des Echos, les Français auraient franchi aujourd’hui une nouvelle étape en faisant une « demande en référé au tribunal de commerce de Paris » pour « désigner un mandataire had oc ».

Si le rapprochement entre Essilor et Luxottica avait bien débuté, le vent a tourné en début d’année, au moment d’élire sa gouvernance, au point qu’en mars dernier, Delfin, la holding du PDG de Luxottica, a saisi la Chambre de commerce internationale (CCI) pour faire constater « les violations de l’accord de rapprochement de 2017, qu’elle considère avoir été commises par Hubert Sagnières (PDG d’Essilor et vice-PDG délégué d’EssilorLuxottica) et la société Essilorluxottica sous son impulsion ».

En vue de l’Assemblée générale, prévue le 16 mai prochain, et pour sortir de cette situation, différentes propositions ont été faites par Valoptec, l’association d’actionnaires salariés et anciens salariés d’EssilorLuxottica, ainsi que plusieurs investisseurs institutionnels « pour la nomination respective d’un membre supplémentaire au Conseil d’administration et de deux membres supplémentaires au Conseil d’administration ». Ce dernier, réuni hier, 24 avril 2019 « a recommandé à la majorité que les actionnaires votent contre l’ensemble des projets de résolutions qui, s’ils étaient approuvés, seraient en violation des accords de rapprochement et susceptibles de perturber les activités du Conseil d’administration ».

Pour nos confrères des Echos, « plus rien n’avance et toutes les décisions sont bloquées par un camp ou par un autre. EssilorLuxottica a donc dû déposer ce référé devant le tribunal de commerce à la demande du camp français, mettant le camp italien devant le fait accompli. Avec la volonté d’avoir les moyens de se défendre dans la procédure d’arbitrage demandée par Delfin ». Ce référé permettra-t-il de résoudre rapidement cette situation handicapante pour EssilorLuxottica ?